Le mois de mai fait le bonheur des écoliers et des salariés… et le désespoir des chefs d’entreprises. Cette année, grâce à l’enchaînement des jours fériés - fête du Travail, célébration de la victoire des Alliés en 1945, Ascension ou encore lundi de Pentecôte -, les Français les plus stratèges peuvent obtenir 17 jours de repos consécutifs en ne posant que huit jours de congé. Une culture du temps libre qui fascine nos voisins outre-Manche.
Admirative de cet art de "faire le pont" à la française, Adrienne Klasa, journaliste au Financial Times, note surtout la forte dimension politique du sujet, à l’heure où "les tensions qui pèsent sur le généreux Etat-providence français se heurtent à de puissants syndicats et à une culture où la plupart des gens n’organisent pas leur vie autour du travail".
Confrontés aux mêmes problèmes structurels que la France - dette publique qui se creuse, vieillissement démographique, modèle social coûteux -, certains de nos voisins européens ont décidé d'y répondre par la réduction du nombre de jours fériés. Le Danemark a par exemple justifié la suppression du "Grand jour de prière" en 2023 par le besoin de financer l’augmentation des dépenses militaires, dans un contexte de croissance de la menace russe. En Slovaquie, plusieurs jours fériés et non travaillés ont été progressivement transformés en jours travaillés. La question s’est également invitée outre-Atlantique, Donald Trump déplorant "trop de jours fériés non travaillés en Amérique", qui coûteraient des "milliards de dollars à notre pays".



