Liquidation de Paris Flight Training : 189 élèves pilotes sur le carreau
Liquidation PFT : 189 élèves pilotes abandonnés

Le 29 avril 2021, le tribunal de commerce d'Agen prononçait la liquidation judiciaire d'Airways College, une école formant des pilotes professionnels. En novembre 2023, c'est au tour de Paris Flight Training (PFT) d'être liquidé, laissant 189 élèves, qui avaient investi des dizaines de milliers d'euros, sur le carreau. Retour sur une information publiée initialement le 13 novembre 2023.

Un espoir douché

Après la chute d'Airways College, l'espoir était réapparu avec le repreneur Paris Flight Training. Deux ans plus tard, c'est la douche froide. PFT a à son tour été placé en liquidation judiciaire en octobre 2023, sans repreneur connu à ce jour, plongeant les élèves dans le plus grand désarroi. « Nous n'avons pas été trop étonnés… On ne se faisait plus d'illusion », confie l'un d'eux.

Les anciens d'Airways, ceux qui ont déjà connu une première déconvenue, ont déboursé au total 110 000 euros pour devenir pilote. « Lorsque j'ai intégré Airways, j'ai payé 100 000 euros. Or, je n'ai validé que mon PPL chez eux, soit une formation équivalente à 12 000 euros. Nous avons ensuite dû réinjecter 10 000 euros au moment de la reprise par PFT », souffle Paul Chaubert, venu de Nouvelle-Calédonie pour accomplir ce rêve de devenir pilote de ligne.

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Lourds sacrifices

Malgré ce contexte de turbulences, Paul Chaubert, comme d'autres, ne souhaite pas s'arrêter là. Il y a quelques semaines, le jeune homme a intégré une autre école, à Perpignan, pour terminer sa formation et obtenir le Graal. « Mes parents se sacrifient en m'aidant. Et j'ai toujours un crédit qui court. » Une dernière chance qui se monnaye : Paul Chaubert a dû rajouter 45 000 euros pour intégrer les modules perpignanais. « Si j'arrêtais, ce serait pire. Je perdrais tout. Dans cinq mois, je devrais être pilote. Et j'ai bon espoir de vite trouver un contrat afin de renflouer les comptes. »

D'autres élèves, hélas, ne peuvent plus abonder financièrement. Ils restent, pour l'heure, cloués au sol. « C'était un investissement sur l'avenir, l'investissement d'une vie. Des familles ont hypothéqué leur maison, certaines ont déjà vu débarquer les huissiers. Des parents, qui ont l'âge de la retraite, continuent de travailler pour pouvoir honorer les dettes. » Après l'annonce de la liquidation de PFT, certains ont tout arrêté. « Peut-être qu'ils reprendront plus tard, après avoir travaillé et mis de l'argent de côté. Quoi qu'il en soit, la pilule est dure à avaler. » Enfin, quelques élèves, par crainte d'une nouvelle déconvenue, ne souhaitent plus investir dans ce type d'école. Chat échaudé craint l'eau froide…

Des responsabilités pointées

« PFT ? Je ne leur en veux pas. Ils ont essayé tant bien que mal de nous aider. Peut-être qu'il y a eu quelques erreurs de gestion, des fautes, mais ce n'est pas le même contexte qu'avec Airways et Jérôme Binachon… », raille Paul Chaubert. Jérôme Binachon, dans l'esprit des élèves, reste celui qui a provoqué la chute de l'école agenaise, « qui détenait pourtant l'une des meilleures réputations en France depuis sa création. C'est du gâchis. »

Ces élèves dans l'impasse ont tout tenté pour sauver l'école. Ils ont même écrit au président Macron, à qui ils ont tenté de donner une lettre lors de sa venue, en septembre dernier, à Tonneins. « Nous l'avons transmise à l'un des hommes de sa garde rapprochée. Nous n'avons eu aucune réponse de l'Élysée », souffle Paul Chaubert, convaincu que son sort et celui de ses camarades n'émeut personne, tant dans les hautes sphères que dans la classe politique locale.

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