Laurent Charbonnel, pilote emblématique de l'enduro lozérien, est le seul concurrent à avoir participé à toutes les éditions du Trèfle Lozérien AMV. Avec trente-huit Trèfles Lozériens au compteur, il revient sur sa carrière de pilote de moto.
Une enfance bercée par la mécanique
Né à Nogent-sur-Marne en 1968, Laurent Charbonnel a grandi à Mende, où son père avait racheté une station-service. "J'ai grandi avenue du Père-Coudrin, dans les odeurs d'huile et d'essence", se souvient-il. "J'ai vu mes parents travailler durement de 6 h à 22 h, sept jours sur sept."
La passion pour la moto
Son oncle l'emmenait voir les courses de moto en Lozère. "J'étais passionné par Jean-Marie Agulhon et Alain Boissonnade", explique-t-il. Avec Jean-Pierre Meynier, ils allaient camper près de la spéciale de Bahours lors des championnats d'Europe d'enduro. Sa mère lui acheta d'abord un vélo Poulidor rose, mais il voulait une moto. "Si tu veux une moto, tu te la paies", lui dirent ses parents.
Les débuts en compétition
Pendant les vacances, Laurent travaillait à la station-service. À 15 ans, il racheta la 125 XY de Didier Couderc. Il commença par l'épreuve d'endurance de Jullianges, seul, puis disputa le championnat de Lozère d'endurance en 1983. "J'ai vu que je n'étais pas fait pour le moto-cross", dit-il. "Mes parents m'ont aidé à acheter ma première Peugeot et je leur ai dit : un jour, je serai champion !"
Une carrière internationale
Remarqué par Marcel Seurat, importateur HVA, sa carrière décolla. "Les autres pilotes et moi-même habitions chez lui, à Beaune", raconte-t-il. Il participa à des championnats de France, d'Europe et mondiaux, ainsi qu'au Trèfle Lozérien AMV. En 1988, il disputa son premier Dakar, totalisant six participations et trois victoires d'étape. "Sur le Paris-Le Cap, j'ai fini neuvième. Les médias nous portaient et je n'avais pas trop l'expérience. Je roulais trop vite."
Un palmarès impressionnant
Laurent Charbonnel compte six Dakar, un titre mondial d'enduro en 1989 en 350 TT, deux Gilles-Lalay, cinq titres de champion de France d'enduro, et un titre de champion du monde par équipes en enduro historique avec Stéphane Peterhansel et Thierry Viardot. "Cette année, j'ai fini 72e, à deux secondes de Peterhansel, à cause d'une chute", confie-t-il.
Après la compétition
Après sa carrière, Laurent a ouvert un magasin de motos à Mende, qu'il a revendu après dix ans. "Mes oncles m'ont donné la passion des vieux outils", explique-t-il. Depuis vingt ans, il rachète des maisons anciennes, les rénove et les loue. "Hyperactif, j'ai toujours une idée nouvelle. J'ai eu une belle vie, mis à part la perte de proches."



