Jean-Louis Dagorno, 76 ans, lance les mini-enceintes Monster à Saint-Tropez
Jean-Louis Dagorno lance ses mini-enceintes Monster

L'ingénieur du son Jean-Louis Dagorno, figure emblématique de la scène musicale française, lance à 76 ans une édition limitée de l'enceinte Bluetooth Blaster Micro de la marque américaine Monster, présentée sur le port de Saint-Tropez. Cette initiative, qui coïncide avec les 50 ans de sa société RegiScène, a déjà conquis des artistes comme Laurent Voulzy et les frères Bernadini de I Muvrini.

Une nouvelle aventure sonique pour le pionnier du son

Jean-Louis Dagorno, connu pour avoir sonorisé le premier festival punk français en 1976, le discours du pape Jean-Paul II ou encore la victoire de François Mitterrand en 1981, ne cesse d'innover. C'est lors d'un salon professionnel à Barcelone qu'il découvre le Blaster Micro, une mini-enceinte Bluetooth au son bluffant. « J'ai été scotché par la puissance du son », confie-t-il. Le dépositaire européen de Monster, voyant les tee-shirts RegiScène – devenus cultes dans le milieu –, propose alors de créer une série limitée à son logo.

« Le son est tellement bluffant par rapport à un smartphone ! Là, tu peux écouter tes démos en te trimballant avec l'objet clipsé à ta poche. C'est tellement pratique que les femmes de musicos le piquent pour mettre dans leur sac ! », s'amuse Jean-Louis, qui endosse le rôle d'« ambassadeur » de la marque.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des artistes séduits et des projets d'évolution

Laurent Voulzy figure parmi les premiers convertis, tout comme les frères Bernadini de I Muvrini, qui apprécient particulièrement la polyphonie de l'enceinte. Son fils Julian, compositeur et technophile, souligne l'expertise de son père : « Papa a toujours eu l'oreille sur ce qui sonne. À l'époque, Yamaha lui faisait tester leurs consoles en tournée. Là, Monster voudrait poursuivre avec son expertise pour faire évoluer le Blaster Micro, mettre au point un nouveau casque et des enceintes de concert. »

En parallèle, Jean-Louis Dagorno innove au Festival de Ramatuelle, qu'il pilote depuis 1985, en remplaçant les micros conventionnels par des « soucoupes » Shure, habituellement utilisées pour les conférences. Une révolution technique qui s'ajoute à son riche palmarès.

Un parcours légendaire : de Magma à Balavoine

Ce nouvel épisode est l'occasion pour Jean-Louis de revenir sur une carrière hors norme. « En pleine vague baba-cool, j'ai lâché mon boulot d'ingénieur dans les téléphones pour suivre Magma, le groupe de Christian Vander. J'ai fini par devenir roadie pour eux et puis un jour leur ingénieur du son s'est fait virer. Je l'ai remplacé et ça m'a donné l'impulsion pour fonder RégiScène », raconte-t-il. Les affaires décollent avec les festivals et la tournée d'Alan Stivell, mais c'est sa rencontre avec un jeune débutant nommé Bernard Lavilliers qui marque un tournant : « J'ai tout plaqué pour le suivre ! »

Des inventions pionnières et une reconnaissance unanime

Jean-Louis Dagorno a également marqué l'histoire avec des inventions comme les projecteurs télécommandés pour Daniel Balavoine au Palais des sports, la tournée de Jean-Michel Jarre en Chine ou les micro-casques pour la création d'Émilie Jolie de Philippe Chatel en 1985. « J'ai inventé-bidouillé ça dans mon sous-sol. Au départ aucun des artistes du spectacle ne voulait de ces tiges sur leur visage. Et puis est arrivé Brialy qui a été époustouflé par le son et la technique. Il m'appelait le “magicien” et c'est comme ça que j'ai sonorisé tout d'abord son Festival d'Anjou puis celui de Ramatuelle auquel j'ai donné un son immersif », se souvient-il avec émotion.

À 76 ans, Jean-Louis Dagorno prouve une fois de plus qu'il reste un acteur incontournable de l'innovation sonore, alliant passion, expertise et transmission aux nouvelles générations.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale