Dans la course mondiale à l'intelligence artificielle (IA), l'Europe tente de trouver sa place face aux géants américains et chinois. Un rapport remis au gouvernement français préconise un investissement public de 10 milliards d'euros sur cinq ans pour créer un champion européen de l'IA.
Un retard à combler
Selon le rapport, les États-Unis et la Chine concentrent 80 % des investissements mondiaux dans l'IA. L'Europe ne représente que 10 % des start-up du secteur. Pour rattraper ce retard, les auteurs du rapport proposent la création d'un fonds souverain dédié à l'IA, doté de 5 milliards d'euros, et un plan de formation de 100 000 experts en IA d'ici 2030.
"L'Europe dispose d'atouts considérables, notamment en matière de recherche fondamentale et de données industrielles, mais elle doit agir rapidement pour ne pas être reléguée au rang de simple utilisateur de technologies étrangères", a déclaré Philippe Aghion, économiste et co-auteur du rapport.
Un plan en trois axes
Le rapport propose trois axes principaux : investir dans la recherche et l'innovation, développer les infrastructures de calcul, et favoriser l'adoption de l'IA dans les secteurs clés comme la santé, l'énergie et les transports. Il recommande également la mise en place d'un cadre réglementaire favorable à l'innovation, tout en garantissant la protection des données et l'éthique.
"Nous ne voulons pas d'une IA qui reproduise les biais ou qui menace nos valeurs démocratiques. L'Europe doit montrer la voie d'une IA de confiance", a ajouté Cédric Villani, mathématicien et autre co-auteur du rapport.
Des réactions mitigées
Les réactions au rapport sont mitigées. Certains experts saluent l'ambition, mais doutent de la capacité de l'Europe à mobiliser les fonds nécessaires. "10 milliards d'euros, c'est bien, mais c'est encore loin des 50 milliards investis par les États-Unis ou des 30 milliards par la Chine dans l'IA", a commenté un analyste du cabinet Gartner.
De son côté, le gouvernement français a accueilli favorablement les recommandations. Le ministre de l'Économie a annoncé la création prochaine d'un comité de pilotage pour élaborer une stratégie nationale de l'IA, en lien avec les partenaires européens.



