Benoît Hamon défend la taxe robot contre l'insurrection
Hamon : la taxe robot pour éviter l'insurrection

L'ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon a apporté son soutien à l'idée d'une taxe sur les robots, avancée par Elon Musk. Selon lui, cette mesure est un instrument pour éviter une insurrection sociale face à la montée de l'automatisation.

Une proposition controversée

Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, avait suggéré en 2017 l'instauration d'une taxe sur les robots pour compenser la perte d'emplois due à l'automatisation. Cette idée avait suscité un vif débat parmi les économistes et les industriels. Certains y voient une entrave à l'innovation, d'autres un moyen de redistribuer les gains de productivité.

Benoît Hamon, qui avait fait de la transition écologique et sociale un axe majeur de sa campagne, estime que la taxe robot est une piste sérieuse. Dans une interview récente, il a déclaré : « Si on ne met pas en place une fiscalité sur les robots, on va droit dans le mur. L'automatisation va détruire des millions d'emplois, et sans redistribution, cela conduira à une explosion sociale. »

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Un enjeu de société majeur

L'ancien ministre de l'Économie sociale et solidaire insiste sur le fait que la question ne doit pas être laissée aux seuls experts. « C'est un choix de société. Nous devons décider comment nous voulons partager les richesses créées par les robots. » Il propose que les recettes de cette taxe financent un revenu universel ou des formations pour les travailleurs touchés.

Selon une étude du cabinet McKinsey, environ 800 millions d'emplois pourraient être automatisés d'ici 2030 dans le monde. En France, ce sont près de 3 millions de postes qui seraient menacés. Face à ce constat, Benoît Hamon appelle à une prise de conscience collective.

Des critiques et des soutiens

La proposition d'Elon Musk avait été critiquée par certains économistes libéraux, comme Jean-Marc Daniel, qui y voyait une « fausse bonne idée ». Mais elle a aussi reçu le soutien de personnalités comme Bill Gates, qui avait déclaré : « Il faut taxer les robots pour financer la protection des travailleurs. »

Benoît Hamon se dit conscient des difficultés de mise en œuvre, notamment au niveau européen. « Il faudrait une coordination internationale pour éviter que les entreprises ne délocalisent. Mais cela ne doit pas nous empêcher d'ouvrir le débat. »

Un débat qui dépasse les clivages

Pour l'ancien leader du mouvement Génération.s, la taxe robot dépasse les clivages traditionnels. « C'est une question transpartisane. Des gens de droite comme de gauche s'interrogent sur l'avenir du travail. » Il cite l'exemple de la Finlande, qui a expérimenté un revenu de base, ou encore de l'Allemagne, qui investit massivement dans la formation professionnelle.

Alors que la campagne pour l'élection présidentielle de 2027 se prépare, Benoît Hamon espère que ce sujet sera au cœur des débats. « Il ne s'agit pas de diaboliser la technologie, mais de l'encadrer pour qu'elle profite à tous. »

En attendant, la proposition d'Elon Musk reste une source d'inspiration pour de nombreux décideurs. Selon un sondage Ifop réalisé en 2023, 62% des Français se disent favorables à une taxation des robots. Un chiffre qui montre que l'idée fait son chemin dans l'opinion.

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