À Nîmes, les habitants des quartiers est se sentent « oubliés »
Habitants de l’est de Nîmes se disent « oubliés »

De Ventabren au Mas de Mingue, les habitants se sentent « oubliés » et le disent au maire Vincent Bouget. Une fois encore, la salle où s’est déroulée la rencontre affichait complet.

Sixième rencontre « Bonjour Nîmes ! »

Malgré la chaleur accablante et le premier match de l’équipe de France de football dans le Mondial, les chaises de la salle polyvalente du centre socioculturel Jean-Paulhan ont été prises d’assaut, mardi soir, pour la sixième rencontre de « Bonjour Nîmes ! » durant laquelle le maire Vincent Bouget et les élus ont échangé avec les habitants du Mas de Mingue, Courbessac, La Gazelle, Jean-Bouin, Serre-Cavalier, Ventabren, Aérodrome et Pont-de-Justice. « Je suis convaincu, a expliqué le premier édite, qu’on ne peut bien gouverner qu’en écoutant la population qui vit dans la ville. »

Le sentiment d’être oublié

Et une population qui, sur ce vaste secteur hétérogène allant des quartiers prioritaires à ceux de garrigues, a clamé, c’est une première dans cette série de rencontres, le sentiment d’être « oubliée ». « Le Mas de Mingue est délabré. La sécurité n’y est pas, il n’y a pas de poste police, énumère une Nîmoise. Ces derniers temps, il y a eu beaucoup de tirs… Il est mal desservi, et on n’a pas de médecins. » Yamina renchérit : « Il y a des travaux, mais certaines zones sont oubliées et des appartements sont insalubres. »

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Le buraliste ne peut que constater « une désertification des commerces. On ne peut pas remettre une épicerie, un boucher, un bar, un coiffeur ? On a l’impression qu’on est une zone dortoir. » Sentiment identique à Ventabren où même si « le quartier est tranquille, on n’a pas à se plaindre », il y a la volonté de dire : « On existe. » À Courbessac, l’association des aînés lâche : « Je me demande si on n’est pas les oubliés de Nîmes. Nous n’avons aucune aide depuis 5 ans. Et il y a une demande. » Ne parlons pas de leur salle d’activité située depuis 1959… au premier étage d’une mairie annexe dépourvue d’ascenseur.

Les sujets qui fâchent

Écoutant le sage conseil de Yatribe qui, du haut de ses 12 ans, estime qu’il « faut parler pour que la ville change, ne pas rester à se plaindre », les habitants ont pointé les sujets qui fâchent. Un manque d’infrastructures sur tous les plans. Notamment pour les élèves de Courbessac : « On n’a pas de stade, pas de piscine. Et sur l’ancien stade, on nous a planté des arbres… » Ou encore la jeunesse : « Si les associations n’étaient pas là, elle serait encore plus dans la précarité. » Amel, maman de trois enfants, a dû « les sortir du Mas de Mingue pour trouver des activités comme le conservatoire ».

« On sent l’avertissement : ne nous décevez pas », a convenu le maire Vincent Bouget en fin de réunion. Autre point noir, le manque de médecins, le comité du Mas de Mingue poursuivant son combat pour la création d’une maison médicale. Ou la vétusté de l’école Casanova avec son absence d’isolation, ses salles de classe où 31 degrés s’affichent au thermomètre l’été entraînant « des malaises intenses ». Toujours dans ce quartier prioritaire, des places de stationnement supprimées avec le chantier de la rénovation urbaine. Ou encore l’irruption de promoteurs immobiliers « détruisant six maisons pour construire des appartements à 185 000 euros » que nul ne peut se payer.

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Une restitution le 8 juillet au Parnasse

Jeudi 2 juillet, à 18 h 30, se déroulera au centre socioculturel Simone-Veil, 4 place Pythagore, à Valdegour, l’ultime réunion de Bonjour Nîmes ! autour des quartiers de Nîmes Ouest-Saint Césaire (Alouette, Puech-du-Teil, Saint-Césaire, Mas-Roman, Pissevin, chemin du Mas-de-Campagne, Valdegour, Plaine du Vistre et de Saint-Césaire) et sur le même principe : le maire Vincent Bouget et l’équipe municipale recueillent la parole des habitants et échangent avec eux. Cette série de sept rencontres, sur un périmètre calqué sur celui des conseils de quartier, a rassemblé des centaines de Nîmois, les salles étant systématiquement combles, au point d’avoir dû refuser l’entrée à des dizaines de personnes au Palais des congrès. C’est donc un lieu plus grand que la mairie a dû trouver pour effectuer la restitution de « Bonjour Nîmes ! » : ce sera le mercredi 8 juillet à 18 h 30 au Parnasse.