Création d'entreprise à Grasse : conseils et écueils à éviter
Création d'entreprise à Grasse : conseils et écueils

À Grasse, près d'un millier de demandeurs d'emploi sur les 9 000 actuels envisagent de créer leur entreprise, soit 10 à 15 % d'entre eux. Le forum Action Créa, organisé par France Travail, a rassemblé plus de 200 porteurs de projet vendredi 11 septembre 2026. Les experts insistent sur un point crucial : l'accompagnement général fait la différence entre un projet pérenne et un échec.

Des profils variés et des motivations multiples

Milena, 35 ans, enceinte et au chômage, rêve de monter une boîte de création de lingerie et de bijoux. Sébastien, 46 ans, chef d'entreprise dans le commerce automobile à Antibes, ambitionne l'ouverture d'un point chaud boulanger à Grasse face à un marché qu'il juge « compliqué ». Dan, 67 ans, retraité et ex-électromécanicien, envisage de devenir formateur indépendant en intelligence artificielle en raison de ses minces ressources.

Ces parcours illustrent la diversité des profils attirés par la création d'entreprise dans le bassin grassois. Pascale Puig, directrice de l'agence France Travail de Grasse, souligne : « On a de plus en plus de pépites. Avec des avancées diverses, d'une simple idée à un projet plus abouti. » Le taux de chômage local s'établit à 7,6 %, en légère augmentation depuis janvier.

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Des tendances changeantes et des statistiques préoccupantes

Les secteurs prisés par les créateurs évoluent. Vincent Marcoin, chef de projet à France Travail, observe : « Il y a eu la mode des food-trucks, puis la vague des ongleries, des conseillers immobiliers indépendants et des chauffeurs Uber. Actuellement, c'est le bien-être, le développement durable et le conseil informatique. »

Les chiffres incitent pourtant à la prudence : parmi les 400 000 microentrepreneurs immatriculés en France en 2018, seulement 28 % exerçaient toujours leur activité en 2023. Soit moins d'un tiers de projets pérennes cinq ans après leur lancement. Une réalité qui souligne la nécessité de bien préparer le grand saut et d'en cerner les contraintes autant que les enjeux.

Des pièges à éviter et un accompagnement essentiel

« Beaucoup de personnes ne veulent plus être salariées et pensent qu'elles auront plus de temps libre. C'est tout le contraire ! Plus de gens se lancent à cause des facilités d'immatriculation. Attention, selon le statut juridique créé, l'allocation-chômage ne sera pas la même. En clair, ce qui fait la différence, c'est l'accompagnement général », alerte Vincent Marcoin.

Choisir son statut juridique, évaluer le marché, établir sa stratégie commerciale : autant d'étapes essentielles que les porteurs de projet doivent franchir avec méthode. Pour les aider, France Travail organise deux fois par an un forum Action Créa, où près de 200 porteurs de projet bénéficient gratuitement des conseils de professionnels : avocats, comptables, assureurs. Ils peuvent également interroger la Chambre d'agriculture, des associations, la CCI, etc.

Initiative Terres d'Azur : un prêt d'honneur et un suivi personnalisé

Des ateliers deux fois par mois et « les matins de la créa » une fois par mois complètent le dispositif local. S'y ajoute le soutien d'Initiative Terres d'Azur, qui accompagne 500 porteurs de projet chaque année dans l'ouest du département. Juliette Taillardat, chargée de mission pour cette structure, a détaillé lors du récent forum : « Nous proposons un prêt d'honneur de 10 000 euros à taux zéro. Mais attention, nous intervenons quand le projet est un peu avancé : business plan, étude de marché, prévisionnel financier. »

Elle a rassuré la trentaine de porteurs de projet présents : « L'avantage, je ne vous lâche pas dans la nature. Je vous accompagne lors de points d'étape. » Miroir aux alouettes ou vraie rampe de lancement, le plus important dans la création d'entreprise reste l'anticipation.

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