Charcuterie Ville à Marmande : institution centenaire cherche repreneur
Charcuterie Ville cherche repreneur à Marmande

Institution marmandaise depuis des décennies, la charcuterie Ville est à vendre depuis dix-huit mois. Malgré la rentabilité du commerce, aucun repreneur sérieux n’a encore frappé à la porte.

Un commerce bénéficiaire mais sans repreneur

En plein centre de Marmande, le charcutier-traiteur Ville ne manque pas de clients au quotidien pour écouler ses cochonnailles et ses plats faits maison. En revanche, quasiment personne ne frappe à la porte pour racheter le fonds de commerce. À un an de la retraite, le couple Blandine Stampetta et Patrick Ville se désole d’envisager la fermeture définitive de cette institution marmandaise.

« Cela fait 160 ans qu’il y a une charcuterie ici. Mais les métiers de bouche n’attirent plus. Peut-être que c’est le nombre d’heures de travail qui effraie », suppute Patrick Ville, lui qui a repris le commerce à la suite de son père René, toujours présent pour donner un petit coup de main, saluer les clients et discuter le bout de gras.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une affaire alléchante

Pourtant, l’affaire est aussi alléchante que les plats en vitrine. Le prix du fonds de commerce, mis en vente depuis un an et demi, a été revu à la baisse et s’affiche désormais à 130 000 euros. Le chiffre d’affaires est d’environ 450 000 euros par an, pour un excédent brut d’exploitation de 35 000 euros, salaires compris. « C’est simple, celui qui rachète rembourse l’investissement en quatre ans, tout en se sortant un salaire. »

Depuis dix-huit mois, le charcutier n’a eu que deux touches de potentiels repreneurs. « Rien de sérieux. » La charcuterie a été ouverte en 1867 par Georges Millet. Le local commercial s’étend sur 400 m², avec la boutique côté rue Charles-de-Gaulle et, sur l’arrière, deux laboratoires, trois chambres froides avec moteurs neufs, un fumoir, une plonge, deux entrées séparées pour les produits alimentaires et non alimentaires.

Un potentiel de développement

« Il y a le potentiel pour développer le chiffre d’affaires. Un vrai boucher pourrait très bien compléter l’activité charcutier-traiteur », imagine Patrick Ville. Avant d’avoir levé le pied ces dernières années, lui et sa compagne avaient aussi une grosse activité de traiteur à l’extérieur. « À l’époque, on faisait une vingtaine de mariages par an. Il y a tout ce qu’il faut pour relancer cette activité. Mais si personne ne reprend, on vendra tout le matériel et cela coûtera beaucoup plus cher pour rouvrir un jour un commerce de bouche ici. »

À côté des saucisses, des boudins, des pâtés faits maison, le couple propose un très large choix de plats cuisinés. « C’est le fait maison avec des produits locaux qui plaît beaucoup à notre clientèle. » Et le tour de main et le sourire aussi. Chaque semaine, la charcuterie propose une cinquantaine de plats, une quinzaine d’entrées et une dizaine de desserts. Dont certains réalisés encore par la mère de Patrick, très occupée en ce moment à peler les asperges. Poulets rôtis, choucroute traditionnelle, sauté de veau, poissons, taboulé, carottes râpées, tiramisu, riz au lait, salade de fraises, et on en passe, garnissent la vitrine.

Si jamais aucun repreneur ne venait saisir l’opportunité, cette belle adresse marmandaise sera à ranger aux rayons des souvenirs. Les commerçants n’ont, eux, aucunement l’intention de faire du rab. « L’âge de la retraite sonnera le 1er avril 2027 et on a plein de projets de voyage », prévient Blandine.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale