Le projet de cession majoritaire de la branche environnement du groupe Nicollin, qui emploie 700 salariés à Montpellier et plus de 4 800 au total, provoque une vive inquiétude parmi les employés. Sébastien Valero, délégué syndical central CGT de la SMN Nicollin, exprime sa surprise face à ce revirement stratégique.
Un changement de cap inattendu
« Je suis très surpris que les Nicollin, avec leur état d’esprit familial, basculent sur ce genre de fonds d’investissement », déclare Valero. « Nous comprenons aussi que c’est un grand groupe qui a besoin d’évoluer. Ça fait quand même bizarre parce que l’histoire de Nicollin à Montpellier a commencé il y a 80 ans. On a toujours travaillé en famille, on a toujours eu ce rapport proche avec le patron dans sa gestion de l’entreprise. C’est un gros revirement. C’est le système aujourd’hui, d’abord les finances. »
Les effectifs concernés
La SMN Nicollin compte 700 salariés à Montpellier, auxquels s'ajoutent ceux d'Agde, Narbonne, Marseille, Frontignan et toute la région PACA. La SAS Nicollin regroupe les autres villes en France. L'entreprise gère la collecte et le traitement des déchets via une participation dans Demeter. Avec cette cession, « Nicollin ne sera plus décisionnaire », souligne Valero.
Des craintes pour l'emploi et les acquis sociaux
Les principales craintes portent sur l'avenir des emplois et des avantages acquis. « L’entreprise a de bons résultats. On sait bien que les investisseurs ne sont pas là pour faire du social et on s’inquiète grandement pour l’avenir. Des réorganisations pourraient aboutir à des suppressions d’emplois », prévient le syndicaliste. Il redoute également une remise en cause des accords internes : « Ils ne peuvent pas baisser les salaires pour l’instant mais ils peuvent dénoncer les accords internes négociés au sein de la SMN grâce à notre syndicat historique. C’est cinquante ans de combats et de négociations avec la famille Nicollin qui ont toujours abouti dans le respect du salarié et de ses conditions de travail. »
Prochaines étapes
Une obligation d’information des salariés est en cours au sein du Comité économique et social central (CESC). Le CESC rendra son avis le 21 juillet, mais cet avis n’a aucune incidence sur la reprise du capital. « S’il était défavorable, cela montrerait l’inquiétude des salariés », explique Valero. « On attend de voir la suite. On ne va pas se leurrer, ce ne sera plus la famille Nicollin qu’on aura ensuite pour négocier. En tout cas, elle ne sera plus décisionnaire. »
L’ensemble des salariés est déçu que la famille Nicollin n’ait pas voulu garder la branche environnement comme elle l’a fait pour le club de foot.



