Le rapport de Philippe Brun, député socialiste de l'Eure, remis ce mercredi 15 juillet 2026, épingle les aides publiques accordées aux carburants. Selon ce document de 120 pages, ces subventions, qui ont représenté 8,4 milliards d'euros en 2025, bénéficient principalement aux ménages les plus aisés et aux entreprises du secteur pétrolier. Le rapport préconise une refonte en profondeur du système, avec un ciblage accru sur les foyers modestes et les professionnels essentiels.
Des aides mal ciblées selon le rapport
Philippe Brun estime que « 60 % des aides vont aux 30 % des ménages les plus riches », ce qui creuse les inégalités. Il propose de supprimer la remise à la pompe de 10 centimes par litre, instaurée en 2024, et de la remplacer par un chèque énergie majoré, réservé aux foyers sous un certain seuil de revenus. Le rapport chiffre l'économie potentielle à 2,3 milliards d'euros par an, qui pourraient être réaffectés à la transition écologique.
Maud Bregeon défend le dispositif
Interrogée lors d'un point presse, la ministre de la Transition écologique, Maud Bregeon, a assumé le maintien des aides actuelles. « Nous avons besoin de soutenir le pouvoir d'achat des Français face à la volatilité des prix du pétrole. Supprimer la remise à la pompe serait une erreur », a-t-elle déclaré. Elle a toutefois reconnu que « des ajustements sont possibles », sans préciser lesquels. Le gouvernement prévoit de prolonger la remise jusqu'à fin 2026, pour un coût estimé à 3,1 milliards d'euros.
Un débat politique relancé
Ce rapport relance les tensions au sein de la majorité et de l'opposition. À gauche, on salue les propositions de Philippe Brun, tandis que le Rassemblement national dénonce une « écologie punitive ». Du côté des associations environnementales, on juge les mesures insuffisantes. « Il faut sortir des énergies fossiles, pas subventionner leur consommation », a réagi le président de Greenpeace France. Le débat parlementaire est attendu à l'automne.



