Inde : polémique après le retrait des œufs des cantines du Bengale-Occidental
Inde : retrait des œufs des cantines scolaires provoque une polémique

Le gouvernement du Bengale-Occidental, dirigé par la chef du parti Trinamool Congress, Mamata Banerjee, a décidé de retirer les œufs du menu des cantines scolaires publiques, provoquant une vive polémique politique et diététique dans l'État. Cette décision, annoncée le 14 juillet 2025, remplace les œufs par des biscuits enrichis, au motif de réduire les coûts et d'éviter les problèmes logistiques liés à la conservation et à la distribution des œufs.

Une décision controversée

Le gouvernement justifie ce changement par des considérations pratiques : les œufs nécessitent une chaîne du froid et un transport délicat, ce qui entraînait des pertes et des retards dans les écoles rurales. Selon un communiqué officiel, les biscuits enrichis offrent une alternative nutritive plus facile à stocker et à distribuer. Cependant, cette explication n'a pas convaincu l'opposition et les organisations de défense des droits de l'enfant. Le Parti communiste indien (marxiste) a dénoncé une « attaque contre la nutrition des enfants pauvres », affirmant que les œufs constituent une source essentielle de protéines à bas coût.

Un enjeu nutritionnel

Le Bengale-Occidental est l'un des États indiens où la malnutrition infantile est la plus élevée, avec près de 30 % des enfants de moins de cinq ans souffrant d'insuffisance pondérale, selon les données de l'UNICEF. Les œufs fournissent des protéines de haute qualité et des vitamines essentielles à un prix abordable. « Les œufs sont un aliment miracle pour les enfants défavorisés », a déclaré le Dr. Sunil Kumar, nutritionniste à l'Université de Calcutta. « Leur retrait risque d'aggraver la malnutrition dans les zones rurales. »

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Une dimension politique

La controverse prend une tournure politique alors que les élections locales approchent en 2026. Le parti Bharatiya Janata (BJP), au pouvoir au niveau national, a critiqué la décision, y voyant une manœuvre électorale. « Mamata Banerjee prive les enfants de nourriture pour économiser de l'argent, tandis qu'elle dépense des millions pour des statues et des festivals », a accusé le porte-parole du BJP, Amit Malviya. En réponse, le gouvernement du Bengale-Occidental a rétorqué que les biscuits enrichis contiennent des protéines, des vitamines et des minéraux, et qu'ils sont fabriqués localement, soutenant ainsi l'économie régionale.

Réactions et conséquences

Des parents d'élèves et des enseignants ont organisé des protestations devant les écoles, exigeant le retour des œufs. Une pétition en ligne a recueilli plus de 50 000 signatures en une semaine. L'ONG local « Right to Food » a annoncé son intention de saisir la Haute Cour de Calcutta pour contester cette décision. « C'est une violation du droit fondamental à l'alimentation des enfants », a déclaré son avocat, Ravi Shankar.

Le gouvernement a promis d'évaluer l'impact nutritionnel du changement dans six mois et de réviser sa politique si nécessaire. En attendant, la polémique continue d'alimenter les débats sur la place de l'œuf dans l'alimentation scolaire en Inde, un pays où près de 200 millions d'enfants bénéficient de repas scolaires dans le cadre du programme national de repas de midi.

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