Le PDG de Bugatti, Mate Rimac, a confirmé que la marque de Molsheim étudie la possibilité de proposer une boîte manuelle sur ses futures hypercars. Interrogé par le magazine Road & Track, Rimac a répondu sans hésitation : « Oui. Oui, absolument, je suis d’accord à 100%. Imaginez un V16 avec une manuelle. Une vraie manuelle ».
Cette déclaration intervient alors que le débat sur la boîte manuelle agite le monde de la sportive de prestige. Rimac en profite pour lancer une pique à Koenigsegg et Ferrari, dont les boîtes manuelles sont qualifiées de « fausses » par le dirigeant. La dernière Bugatti à avoir été équipée d'une boîte manuelle était la EB110, produite entre 1991 et 1995.
Pourquoi la boîte manuelle redevient un argument de vente
Plusieurs facteurs expliquent ce regain d'intérêt pour la transmission manuelle dans le segment des hypercars. D'abord, l'argument de la performance pure porté par les boîtes pilotées s'essouffle. Avec l'arrivée des voitures électriques développant des milliers de chevaux et un couple immédiatement disponible, la course à l'accélération foudroyante est devenue obsolète.
Ensuite, la quête de la performance ultime perd de son attrait. Les budgets de développement nécessaires pour gagner quelques km/h ne sont plus jugés rentables. « Sérieusement, qui s'intéresse encore au fait qu'une marque annonce 1.200 ch, puis 1.235, puis 1.236,5… », s'interroge l'article de Road & Track, cité par nos confrères.
Ce phénomène marque peut-être la fin de la course aux chiffres, au profit d'un retour au simple plaisir de conduite. Une voiture à boîte manuelle sera toujours moins rapide qu'une version équipée d'une boîte à changement de rapports en quelques millisecondes, mais elle offre une expérience plus gratifiante pour le conducteur.
Un marché de passionnés prêts à payer le prix
Selon l'analyse de Road & Track, sur dix clients qui achètent une hypercar pour la spéculation financière, un ou deux sont de véritables passionnés qui savent conduire et recherchent cette sensation. Pour eux, la boîte manuelle représente la cerise sur le gâteau, et ils sont prêts à payer un supplément conséquent pour l'obtenir.
Les constructeurs de prestige ont enfin compris cette attente, à l'exception notable de Lamborghini. Le CEO de la marque italienne a réaffirmé il y a quelques jours que la boîte manuelle était « morte et enterrée » chez lui. Une position que l'article juge avec scepticisme, laissant entendre qu'elle pourrait évoluer.
Paradoxalement, sur le marché général, la boîte manuelle subsiste encore. Stellantis vient même de la relancer sur certains modèles, mais dans un objectif différent : réduire le prix de vente, et non offrir un supplément de plaisir.



