Plus de 170 cinéastes alertent sur l'avenir du cinéma français
170 cinéastes alertent sur l'avenir du cinéma français

Plus de 170 cinéastes, dont plusieurs anciennes Palme d'or, ont publié mercredi une tribune dans Le Monde pour alerter sur les conséquences du projet de loi de finances 2027 sur le cinéma français. Ils estiment que le doublement de la TVA de Canal+ et la baisse de la dotation à France Télévisions pourraient entraîner la disparition de 80 films chaque année et menacer 400 films sur cinq ans.

Deux piliers du financement en danger

Dans cette tribune, les signataires, parmi lesquels les frères Dardenne, Jacques Audiard et Justine Triet, affirment que « le nouveau projet de loi de finances risque de provoquer un effacement sans précédent du cinéma français de nos écrans ». Ils expliquent que le financement du cinéma français repose sur deux piliers : l'un public et l'autre privé, tous deux affectés par les dispositions budgétaires.

Les 174 signataires précisent que France Télévisions verrait son budget « grevé de 47 millions d'euros en 2027 », tandis que Canal+ ferait l'objet d'un doublement de son taux de TVA. Cette mesure, évaluée à 200 millions d'euros de manque à gagner annuel par le patron de Canal+ Maxime Saada, « enterrerait de fait l'accord interprofessionnel signé le 28 juillet », selon la tribune. Cet accord prévoit un investissement de Canal+ de près d'un milliard d'euros sur cinq ans, représentant environ 100 films coproduits par an, selon les organisations professionnelles.

400 films menacés sur cinq ans

Les cinéastes estiment que le doublement de la TVA « entraînerait automatiquement une baisse de 750 millions d'euros pour la création cinématographique entre 2028 et 2032 ». Sur cette période, « ce sont 400 films qui n'existeront pas », ajoutent-ils. Ils rappellent que l'industrie cinématographique pèse 260 000 emplois directs et indirects en France, troisième pays mondial en matière de production et d'exportation de films.

Le modèle français repose sur les salles de cinéma, les chaînes de télévision et les plateformes (Netflix, Disney+…), dont une partie des revenus contribue au financement du cinéma via le CNC. La tribune réclame une « loi cinéma » pour « pérenniser la chronologie des médias, encadrer l'intelligence artificielle, repenser le financement de l'audiovisuel public ou protéger les moyens et missions du CNC ».