L'essayiste et journaliste Natacha Polony a officiellement annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, ce mercredi 14 octobre, sur France Inter. Son entrée en lice, à la tête du mouvement #Nous sommes la France, vise à « rassembler les orphelins de la politique » et à « proposer une politique de production sur le sol français ». Mais cette candidature, qualifiée d'inattendue, devra surmonter deux obstacles majeurs : le financement de la campagne et l'obtention des 500 parrainages d'élus.
Un parcours entre journalisme et engagement politique
Âgée de 51 ans, Natacha Polony est connue pour ses activités d'essayiste, de journaliste et de chroniqueuse dans divers médias (radio, télévision, presse écrite). Elle a notamment dirigé l'hebdomadaire Marianne et lancé en septembre 2025 la revue trimestrielle L’Audace. Son engagement politique, autrefois discret, s'était manifesté aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, souverainiste de gauche, et par une candidature aux législatives de 2002 à Paris, dans la neuvième circonscription, où elle avait obtenu 2,24 % des suffrages, arrivant en sixième position.
Se décrivant souvent comme une « souverainiste de gauche », une étiquette que ses détracteurs remplacent par « néoréac », elle affiche des positions antilibérales et critiques envers les élites. Sur France Inter, elle a justifié son engagement par une « perte totale de rang de la France sur les questions économiques, sur notre indépendance, sur la souveraineté ». Parmi ses propositions, elle souhaite privilégier « la production française dans la commande publique » et « supprimer toutes les aides aux entreprises qui ne sont pas conditionnées à la production sur le sol français », afin de « sortir de la spirale d’appauvrissement dans laquelle nous sommes ».
Un financement incertain et des parrainages difficiles à réunir
Le politologue montpelliérain Michel Crespy rappelle que cette candidature s'inscrit dans un schéma classique : « C’est ainsi à chaque présidentielle. On recense déjà plusieurs dizaines de candidatures. Et en 2022, on en a compté jusqu’à 105 ou 106. Et à l’arrivée il en reste une dizaine, une douzaine… » Il identifie deux difficultés majeures pour Natacha Polony : l'argent et les 500 signatures. « L’argent parce que celui qui ne fait pas 5 % n’est pas remboursé de ses frais de campagne et les banques ne prêtent pas à ceux qui ne sont pas assurés de faire au moins 10 % », explique-t-il.
Le second écueil est l'obligation de recueillir 500 signatures d'élus (maires, parlementaires, conseillers départementaux et régionaux), issues d'au moins trente départements, avec un maximum de 50 parrainages par département. Michel Crespy souligne : « Elle dit que 60 000 personnes la soutiennent, mais si parmi elles il n’y a pas 500 élus, ça ne sert à rien. » Il ajoute que « chaque année, Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, comme son père avant elle d’ailleurs, ont du mal à réunir les 500 signatures. Et Natacha Polony est quand même loin de représenter ce que représentent ces deux candidats-là… »
Une « règle aberrante » selon la candidate
Natacha Polony a elle-même qualifié sur France Inter de « règle aberrante » cette obligation d’obtenir 500 parrainages. Sa candidature rejoint celles d'autres personnalités hors du sérail politique, comme l'avocat Juan Branco ou le chanteur Francis Lalanne, tandis que d'autres, comme Teddy Riner, Mathieu Pigasse ou Michel-Edouard Leclerc, n'excluent pas de se lancer. Cette dynamique illustre la pluralité des candidatures potentielles à l'approche de l'élection, mais aussi les contraintes pratiques qui en éliminent la plupart.