Les prix du pétrole en forte baisse
Les cours mondiaux du pétrole ont chuté de plus de 5 % ce mercredi 20 mai 2026 à New York et Londres. Cette baisse fait suite aux déclarations de Donald Trump sur une "dernière phase" de négociations avec l'Iran, faisant espérer la réouverture du détroit d'Ormuz, un axe stratégique bloqué depuis le 28 février. Alors va-t-on vraiment payer moins cher à la pompe dans les prochains jours ? On fait le point.
Les déclarations de Donald Trump
"Nous verrons bien ce qui va se passer. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous prendrons des mesures un peu plus sévères. Mais j'espère que cela n'arrivera pas", a déclaré le président américain aux journalistes, depuis la base militaire d'Andrews (Maryland). Le chef de l'État a affirmé "n'être pas pressé" de trouver un accord, mais le marché n'a retenu que l'espoir d'une issue positive, qui a renforcé le mouvement baissier déjà à l'oeuvre en début de séance.
Impact sur les cours du pétrole
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a lâché 5,63 % à 105,02 dollars, après être brièvement tombé à 103,24 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, est tombé de 5,66 % à 98,26 dollars, après avoir chuté jusqu'à 96,94 dollars.
Les espoirs de réouverture du détroit d'Ormuz
"Si un accord était conclu, les opérateurs s'attendent à ce que le détroit d'Ormuz soit rouvert, permettant ainsi à des barils de revenir sur le marché", remarque auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates. Ce passage maritime stratégique, par lequel transite habituellement près d'un cinquième du brut mondial, est bloqué par l'Iran depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine.
Plus tôt dans la séance, l'annonce du passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz avait initié le mouvement de baisse des cours. Quelque 26 navires ont pu le franchir sur 24 heures, ont annoncé mercredi la marine des Gardiens de la Révolution.
Un retour à la normale qui pourrait prendre des mois
"Le marché pourrait basculer d'un moment à l'autre", prévient toutefois M. Lipow. "Au cours des derniers mois, nous avons vu de nombreuses annonces indiquant que nous étions sur le point de trouver une solution", sans que cela ne se concrétise. Et dans le cas de l'annonce d'une réouverture du détroit d'Ormuz, l'analyste estime qu'un retour à la normale du trafic maritime pourrait prendre "des mois". "Les compagnies pétrolières demanderaient d'abord à leur assureur de confirmer que la traversée ne présente aucun danger", explique-t-il. "Et une fois cette confirmation obtenue, on pourrait assister à un embouteillage de navires tentant de quitter le Golfe."
Quelles conséquences sur les prix à la pompe ?
Si la baisse du pétrole brut est significative, son impact sur les prix des carburants en France pourrait prendre du temps. En général, les variations des cours du pétrole se répercutent avec un délai de quelques jours à quelques semaines sur les prix à la pompe, en fonction des stocks et des marges des distributeurs. De plus, la situation géopolitique reste incertaine, et tout rebond des tensions pourrait inverser la tendance.



