Keylany Hassine, fondateur d'Istya, révèle que 40% de la consommation d'énergie des bâtiments provient du chauffage, de la ventilation et de la climatisation, un gaspillage massif que son intelligence artificielle prédictive entend réduire.
Un constat alarmant pour le secteur du bâtiment
Le secteur du bâtiment représente un quart des émissions de gaz à effet de serre, principalement en raison d'une mauvaise gestion thermique. « On chauffe mal, parce qu'on utilise mal la clim », déplore Keylany Hassine. Les solutions existantes, selon lui, présentent une « dissonance par rapport à la performance réelle des bâtiments » : elles ne s'adaptent ni aux changements d'occupation, ni aux variations météorologiques, ni au vieillissement des systèmes. Or, « un bâtiment, ça vit », insiste le fondateur, justifiant la création d'Istya.
Comment fonctionne l'IA prédictive d'Istya ?
La technologie collecte deux types de données : d'une part les données environnementales internes (qualité de l'air, taux de CO2, température, humidité) ; d'autre part les données externes comme la météo et la présence humaine dans les zones du bâtiment. « Avec ces données, on va pouvoir les prédire et faire des simulations et des calculs qui vont nous donner la meilleure optimisation de ces systèmes de ventilation », explique Keylany Hassine. L'objectif est de préserver le confort tout en réalisant des économies d'énergie significatives.
IA prédictive vs IA générative
L'IA prédictive analyse les données chiffrées pour fournir des prévisions numériques sur la consommation énergétique. L'IA générative, elle, utilise des modèles de langage naturel – similaires à ChatGPT – pour traduire ces données en recommandations compréhensibles. Malgré l'automatisation, « on laisse toujours la possibilité à l'humain de faire des choix et de rester le pilote dans son avion ». L'humain garde le contrôle sur toutes les actions de l'IA.
Un impact énergétique maîtrisé
Face aux critiques sur la consommation des data centers, Istya a dès le début choisi de « monitorer le poids, la consommation énergétique de nos modèles, pour savoir quel impact environnemental la solution a, et si on en ressort un bénéfice en termes d'énergie ». Keylany Hassine affirme : « Notre mission, c'est vraiment de réduire la consommation d'énergie, et en aucun cas on va faire des choses ou des produits qui vont aller à l'encontre de cette mission. » Les économies réalisées dépassent largement la consommation de l'IA.
L'évolution des métiers : un copilote pour les gestionnaires
« Dans le bâtiment, il y a une grande partie des métiers qui ne seront jamais remplacés par l'IA », rassure le fondateur. L'objectif n'est pas de supprimer les gestionnaires techniques mais de les accompagner. Actuellement, ils « doivent faire des calculs sur Excel » et « perdent énormément de temps ». L'IA agit comme « un copilote », leur permettant de « gérer beaucoup plus de bâtiments en même temps » avec une efficacité accrue.
Les bâtiments comme batteries du réseau électrique
Istya considère « le bâtiment un peu comme une batterie qui fait partie de ce grand système énergétique ». Quand le réseau a trop d'énergie, le système peut « consommer un peu plus pour préchauffer le bâtiment ». Inversement, lors des pics de consommation, il réduit automatiquement les besoins. Cette flexibilité génère une double valeur pour les clients : les économies d'énergie classiques et « la participation au programme de flexibilité énergétique » qui apporte une rémunération supplémentaire. Keylany Hassine rappelle que « plus de 40% de notre production d'énergie, elle est perdue » actuellement.



