L'Égypte, importatrice de GNL, mise sur le gaz et le mix énergétique
Égypte : importatrice de GNL, mise sur le gaz et le mix

L'Égypte, qui était devenue exportatrice de gaz naturel liquéfié (GNL) il y a quelques années, a vu sa situation s'inverser. En 2025, le pays est redevenu importateur net de GNL, une conséquence de la baisse de sa production domestique et de la hausse de sa consommation intérieure. Pour y faire face, Le Caire relance ses investissements dans l'exploration et l'exploitation du gaz, tout en accélérant le déploiement des énergies renouvelables.

Un retournement de situation énergétique

En 2018, l'Égypte était devenue exportatrice de GNL grâce à la mise en production du champ géant de Zohr, en Méditerranée. Mais la production a plafonné puis décliné, tandis que la demande intérieure augmentait, portée par la croissance démographique et le développement industriel. Selon les données de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la production de gaz égyptienne a chuté de 12 % entre 2020 et 2025, passant de 65 à 57 milliards de mètres cubes par an. Dans le même temps, la consommation a grimpé de 8 %, atteignant 63 milliards de mètres cubes.

Le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, a déclaré : « Nous travaillons à inverser la tendance en intensifiant l'exploration et en optimisant la production des champs existants. Notre objectif est de retrouver notre autosuffisance d'ici 2028. »

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Relance des investissements gaziers

Pour stopper le déclin de sa production, l'Égypte a lancé un appel d'offres pour l'exploration de 12 blocs gaziers en Méditerranée et dans le delta du Nil. Des compagnies internationales comme Eni, TotalEnergies et BP ont déjà manifesté leur intérêt. Le gouvernement a également alloué 1,2 milliard de dollars à la maintenance et au développement des infrastructures existantes, notamment les plateformes offshore et les usines de liquéfaction.

Parallèlement, Le Caire négocie avec Chypre et Israël pour importer du gaz via des pipelines, afin de sécuriser son approvisionnement à court terme. Un accord préliminaire a été signé avec l'entreprise israélienne NewMed Energy pour l'achat de 2 milliards de mètres cubes de gaz par an à partir de 2027.

Accélération du mix énergétique

Consciente de sa dépendance aux hydrocarbures, l'Égypte mise également sur les énergies renouvelables. Le pays prévoit de porter la part des renouvelables dans son mix électrique de 20 % actuellement à 42 % d'ici 2035. Pour cela, il développe des parcs solaires et éoliens, notamment dans le désert occidental et le golfe de Suez.

En 2025, l'Égypte a inauguré le parc solaire de Benban, d'une capacité de 1,5 GW, l'un des plus grands d'Afrique. D'autres projets sont en cours, comme le complexe éolien de Gabal El-Zeit (600 MW) et le projet solaire de Kom Ombo (200 MW). Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), l'Égypte pourrait atteindre 10 GW de capacité solaire et éolienne d'ici 2028.

Des défis financiers et structurels

Le développement des énergies renouvelables nécessite des investissements massifs, estimés à 8 milliards de dollars d'ici 2030. L'Égypte cherche à attirer des financements internationaux, notamment via des partenariats public-privé et des prêts de la Banque mondiale. Toutefois, la situation économique du pays, marquée par une inflation élevée et une dette publique importante, complique ces projets.

Le gouvernement égyptien a également réformé ses subventions aux énergies fossiles, réduisant progressivement les aides pour refléter les coûts réels. Cette mesure vise à encourager l'efficacité énergétique et à libérer des fonds pour les renouvelables. Selon le Fonds monétaire international (FMI), ces réformes pourraient réduire la facture énergétique de l'État de 2 milliards de dollars par an.

Une stratégie à long terme

Malgré les difficultés, l'Égypte reste déterminée à diversifier son bouquet énergétique. Le pays ambitionne de devenir un hub régional de l'énergie, en combinant ses ressources gazières et sa position géographique pour exporter de l'électricité verte vers l'Europe et l'Afrique. Des câbles sous-marins sont en projet avec Chypre et la Grèce.

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Le ministre de l'Électricité, Mohamed Shaker, a souligné : « Notre transition énergétique est une priorité nationale. Nous voulons réduire notre dépendance au gaz tout en valorisant nos atouts naturels, comme le soleil et le vent. »

L'Égypte devra toutefois surmonter des obstacles techniques et politiques, notamment la stabilité de son réseau électrique et la concurrence avec d'autres pays de la région. La réussite de sa stratégie dépendra de sa capacité à attirer les investisseurs et à mettre en œuvre les réformes nécessaires.