Le président de la Fédération internationale de l'Automobile (FIA), Mohammed Ben Sulayem, a accordé une interview exclusive à l'issue du 83e Grand Prix de Monaco. Dans son bureau situé au premier étage du motorhome de la FIA, il a partagé sa vision de la discipline, son attachement à la Principauté et ses projets pour l'avenir de la Formule 1.
Monaco, un circuit unique et authentique
Interrogé sur le caractère exceptionnel du circuit monégasque, Ben Sulayem a affirmé : « Monaco a toujours été un lieu unique et doit le rester. Le circuit bénéficie de l'amour des fans de Formule 1. Rien qu'en marchant dans les rues, on ressent l'énergie de la course. » Il reconnaît que la logistique est complexe, mais insiste sur l'adaptation nécessaire pour offrir une course de qualité en toute sécurité.
Sécurité et organisation
Concernant les contraintes d'espace et la sécurité, le président de la FIA est clair : « Ce n'est pas un besoin d'espace, mais une question d'organisation. Monaco ne cherche pas à ressembler aux autres courses ; ce sont les autres qui veulent imiter Monaco. Nous travaillons main dans la main avec l'Automobile Club de Monaco et les officiels pour améliorer constamment la sécurité, ici comme ailleurs. »
Souvenirs personnels et relations avec la Principauté
Ben Sulayem se rappelle avec émotion sa venue à Monaco en 1986 pour recevoir un prix après avoir remporté le championnat du Moyen-Orient des rallyes. « J'avais froid dans mon costume national, mais j'étais fier. Ce souvenir est indélébile. » Il évoque également ses bonnes relations avec le prince Albert II et l'ACM, « partenaire fidèle de la FIA depuis des décennies ».
L'avenir de la Formule 1 : entre tradition et innovation
Le président de la FIA dresse un tableau nuancé de l'évolution de la F1 : « Il y a eu des hauts et des bas. Aujourd'hui, nous avons un excellent promoteur. Notre rôle est de soutenir le sport automobile. Nous utilisons des carburants durables et l'électrification pour préserver l'environnement, mais préserver l'activité est tout aussi important. » Il insiste sur la nécessité de concilier l'esprit du sport avec l'aspect commercial, tout en continuant à innover.
Le retour des moteurs V8 d'ici 2030
Ben Sulayem défend ardemment la décision de réintroduire les moteurs V8 en F1 : « Cette décision offre aux fans le bruit magnifique des moteurs, plus d'action et de sensations. Pour les pilotes, des voitures plus sûres, plus petites et plus légères. Pour les équipes, des coûts réduits avec une innovation préservée. C'est gagnant-gagnant. » Interrogé sur le manque d'unanimité, il répond : « L'unanimité est impossible. On me critiquera toujours, mais nous connaissons ces moteurs, nous les avons étudiés. La simplicité sera notre force. »
Le Grand Prix de Monaco : sport et spectacle
À la question de savoir si Monaco devient un « grand cirque médiatique », Ben Sulayem sourit : « J'accepte ce cirque prestigieux. Monaco est un menu à la carte : on peut venir pour la compétition ou pour la fête et le glamour. »
Calendrier et équipes
Alors que le championnat compte 24 courses, le président estime que c'est suffisant, mais qu'il faut plus d'équipes. « Nous avons besoin de la bonne équipe, pas d'une douzaine. Nous travaillons avec Stefano Domenicali pour éviter la fatigue des équipes. » Pour lui, chaque défi est une opportunité.



