Le niveau du Danube, plus grand fleuve de l'Union européenne, est au plus bas en raison d'une sécheresse prolongée et de températures extrêmes. Cette situation menace directement les centrales nucléaires de Hongrie et de Roumanie, qui utilisent ses eaux pour le refroidissement, et provoque une crise énergétique dans la région. En Hongrie, la centrale de Paks pourrait être contrainte de s'arrêter, tandis qu'en Roumanie, une explosion contrôlée a été menée pour tenter d'augmenter le débit du fleuve.
Un fleuve en souffrance
Le Danube, qui traverse l'Europe centrale de l'Allemagne à la Roumanie avant de se jeter dans la mer Noire, subit une sécheresse inédite. Deux facteurs expliquent ces niveaux historiquement bas : un déficit de précipitations depuis le printemps et des températures dépassant régulièrement 40 degrés. Selon des météorologues serbes, aucune précipitation significative n'est attendue sur le cours du fleuve avant cinq ou six semaines.
La Hongrie sous tension
En Hongrie, la centrale nucléaire de Paks, seule du pays, pourrait s'arrêter dans les prochains jours. En temps normal, elle fournit un tiers des besoins en électricité de l'Europe centrale. Dimanche 2 août, le Premier ministre hongrois Peter Magyar avait annoncé que l'ensemble de la centrale serait arrêté pour la première fois en 44 ans. Cependant, lundi, il a indiqué que les ingénieurs avaient réussi à réduire la quantité d'eau de refroidissement nécessaire et que les prévisions étaient devenues "un peu plus optimistes".
Pour pallier le déficit, le gouvernement hongrois a appelé les gros consommateurs industriels à réduire volontairement leur consommation et a invité les habitants à éviter l'électricité pendant les heures de pointe du soir. Des importations d'électricité ont également été réalisées, notamment auprès de l'Ukraine, selon le quotidien Le Monde.
La Serbie face à une production en chute
En Serbie, les centrales hydroélectriques de Djerdap 1 et 2, situées à la frontière avec la Roumanie, fonctionnent à 20 % et 30 % de leurs capacités respectivement, selon la ministre serbe Dubravka Djedovic Handanovic. Ces installations fournissent environ 18 % de la production annuelle d'électricité du pays. La ministre a précisé que la production avait été la plus faible depuis leur mise en service dans les années 1970, ce qui exerce une "pression sur les quantités accessibles d'électricité et sur les prix".
La consommation actuelle en Serbie est d'environ 105 GWh par jour, contre 110 à 115 GWh en hiver. Dubravka Djedovic Handanovic a appelé les citoyens à une consommation rationnelle d'électricité pour traverser cette période de sécheresse.
La Roumanie tente de sauver sa centrale nucléaire
En Roumanie, les autorités ont procédé lundi à une explosion contrôlée sur des rochers du Danube afin d'augmenter le débit d'eau vers la centrale nucléaire de Cernavoda, dont un réacteur a été arrêté. Le ministre de la défense, Radu Miruta, a salué le succès de l'opération menée par l'armée. Le gouvernement a également augmenté les importations d'électricité et demandé aux entreprises de décaler leur production vers les heures creuses.



