Cuba: le supplice des coupures d'électricité s'aggrave
Cuba: le supplice des coupures d'électricité s'aggrave

À La Havane, comme dans le reste de Cuba, les coupures d'électricité s'allongent et deviennent insoutenables. Certains quartiers restent sans courant jusqu'à 20 heures par jour, une situation qui exaspère la population et pousse certains à manifester leur colère dans les rues.

Une crise énergétique sans précédent

Depuis plusieurs mois, le réseau électrique cubain, vétuste et mal entretenu, subit des pannes de plus en plus fréquentes. Les coupures tournantes, censées durer quelques heures, s'étendent désormais sur des périodes beaucoup plus longues. Selon des données officielles, la production d'électricité a chuté de 25 % par rapport à l'année précédente, en raison du manque de combustible et de pièces de rechange.

"Nous devenons fous sans électricité", confie Maria, une habitante du centre de La Havane, âgée de 52 ans. "Nous ne pouvons plus conserver la nourriture, les enfants ne peuvent pas étudier le soir, et les malades souffrent de la chaleur sans ventilateur."

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Des manifestations de colère

La grogne monte dans plusieurs villes cubaines. Des rassemblements spontanés ont eu lieu à Santiago de Cuba, Holguín et Santa Clara, où des habitants ont bloqué des rues en signe de protestation. La police a dispersé certains groupes, mais la tension reste palpable.

"Le gouvernement promet des solutions, mais rien ne change", dénonce un manifestant sous couvert d'anonymat. "Nous avons l'impression d'être abandonnés."

Les causes structurelles

La crise énergétique cubaine trouve ses racines dans l'embargo américain, qui limite l'accès aux technologies et aux financements, mais aussi dans la vétusté des infrastructures. Les centrales thermiques, construites pour certaines dans les années 1960, fonctionnent à peine à 50 % de leur capacité. Le manque de devises étrangères empêche l'achat de pétrole et de pièces détachées.

Selon un rapport de l'Union électrique cubaine, le pays a perdu l'équivalent de 1,5 milliard de dollars de production électrique en 2023 à cause de ces pannes. Les coupures coûtent également cher à l'économie locale, les commerces et les petites entreprises étant contraints de fermer régulièrement.

Des solutions insuffisantes

Le gouvernement cubain a annoncé un plan d'urgence pour réhabiliter les centrales existantes et installer des panneaux solaires, mais les résultats se font attendre. Les autorités misent aussi sur l'aide internationale, notamment celle de la Chine et du Venezuela, mais les livraisons de combustible sont irrégulières.

"Nous travaillons jour et nuit pour rétablir le service", a déclaré un porte-parole du ministère de l'Énergie, cité par l'agence officielle Prensa Latina. "Mais la situation est complexe et nécessite du temps."

Un quotidien devenu invivable

Dans les quartiers populaires, l'absence d'électricité bouleverse la vie quotidienne. Les réfrigérateurs ne fonctionnent plus, les aliments périssent, et les familles doivent se contenter de repas froids. Les hôpitaux sont contraints de fonctionner avec des générateurs, mais ceux-ci tombent souvent en panne faute de carburant.

"C'est une question de survie", insiste une infirmière de l'hôpital Calixto García. "Nous devons prioriser les urgences vitales, mais sans électricité, même les soins de base deviennent difficiles."

La population cubaine, déjà éprouvée par une inflation galopante et une pénurie de produits de première nécessité, voit dans cette crise électrique un nouveau symbole de l'effondrement du système.

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