Canicule : EDF s'adapte lentement aux effets du réchauffement sur le nucléaire
Canicule : EDF s'adapte lentement au réchauffement climatique

Alors que la France subit des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, EDF est contraint d'adapter son parc nucléaire pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en février 2023, le groupe a investi 1,2 milliard d'euros entre 2014 et 2020 pour sécuriser ses centrales face aux risques liés aux températures élevées et aux sécheresses.

Des centrales vulnérables aux fortes chaleurs

Les centrales nucléaires, qui utilisent l'eau des rivières pour le refroidissement, sont particulièrement vulnérables aux canicules. Lorsque la température de l'eau dépasse un certain seuil, la production doit être réduite, voire arrêtée. En 2022, la canicule a entraîné une baisse de production de 5 térawattheures (TWh) sur le parc nucléaire français, selon EDF. Cette situation a contribué à la crise énergétique qui a frappé le pays l'hiver dernier.

Pour y remédier, EDF a mis en place des mesures d'adaptation, comme l'installation de tours de refroidissement supplémentaires ou le renforcement des systèmes de pompage. Cependant, la Cour des comptes souligne que ces actions restent insuffisantes face à l'ampleur des défis climatiques à venir. Le rapport note que « le rythme d'adaptation est lent » et que « les investissements prévus pour la période 2021-2025 ne sont que de 500 millions d'euros », soit moins que lors de la période précédente.

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Des assouplissements réglementaires contestés

Face à ces contraintes, le gouvernement a assoupli la réglementation environnementale. En mars 2023, un décret a relevé les seuils de température maximale autorisée pour les rejets d'eau des centrales, permettant à EDF de poursuivre la production en période de canicule. Cette décision a été critiquée par des associations environnementales, comme France Nature Environnement, qui dénonce un « sacrifice de la qualité des cours d'eau ».

De son côté, EDF défend sa stratégie d'adaptation. « Nous investissons massivement pour garantir la sûreté de nos installations et la continuité de la production d'électricité, même en période de stress climatique », a déclaré un porte-parole du groupe. L'entreprise mise également sur le développement de l'énergie solaire et éolienne pour diversifier son mix énergétique et réduire sa dépendance au nucléaire.

Des perspectives à long terme

À plus long terme, EDF prévoit de construire de nouvelles centrales nucléaires plus résistantes aux conditions climatiques extrêmes. Le projet EPR2, qui doit remplacer les réacteurs vieillissants, intègre des spécifications techniques pour faire face à des températures plus élevées et à des débits d'eau plus faibles. Toutefois, ces nouvelles installations ne seront pas opérationnelles avant 2035 au moins.

En attendant, la question de l'adaptation du parc nucléaire au réchauffement climatique reste cruciale pour la sécurité énergétique du pays. Selon un rapport de Réseau de transport d'électricité (RTE), la part du nucléaire dans la production d'électricité pourrait chuter à 40 % d'ici 2035 en raison des contraintes climatiques, contre 69 % en 2022. Cette perspective souligne l'urgence d'accélérer la transition vers des sources d'énergie moins vulnérables aux aléas climatiques.

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