Canicule 2026 : arrêts inédits de centrales nucléaires en Europe
Canicule 2026 : arrêts inédits de centrales nucléaires

L'été 2026 est marqué par des conditions climatiques extrêmes qui contraignent plusieurs centrales nucléaires européennes à réduire ou cesser leur production. En Roumanie, la compagnie nationale Nuclearelectrica a annoncé ce jeudi avoir entamé les procédures d'arrêt de l'unité 2 de la centrale de Cernavoda, la seule du pays, en raison de « la baisse du niveau de l'eau du Danube ». Cette mise à l'arrêt complète, après celle de l'unité 1 fin juillet, constitue une première depuis la canicule de 2003.

La Roumanie face à un Danube au plus bas

La centrale de Cernavoda fournit habituellement un cinquième de la production totale d'électricité de la Roumanie. Le débit du Danube a chuté à un niveau historiquement bas, conséquence des vagues de chaleur et d'un manque de précipitations à travers l'Europe. Les autorités roumaines comptent sur les énergies alternatives, notamment l'éolien, et sur les importations pour assurer l'approvisionnement, mais elles ont réitéré un appel à une « consommation responsable ». Aucune date n'a été indiquée pour la reprise des activités.

La Hongrie et la Suisse sous contrainte thermique

En Hongrie, la centrale de Paks, refroidie par le Danube, évite pour l'instant l'arrêt complet. Ses quatre réacteurs couvrent environ un tiers des besoins hongrois en électricité, mais elle est déjà partiellement à l'arrêt depuis fin juillet. En Suisse, l'exploitant Axpo a arrêté le 26 juin la centrale de Beznau pour éviter que l'Aar, utilisée pour le refroidissement, ne se réchauffe excessivement. La réglementation environnementale fixe une limite de température pour les rejets d'eau de refroidissement afin de préserver les écosystèmes aquatiques ; lorsque l'eau en amont est trop chaude, l'exploitant doit brider ou arrêter le réacteur.

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En France, 13 réacteurs sur 57 arrêtés ou bridés

En raison de la hausse de la température du Rhône, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASNR) a accordé une dérogation temporaire pour la centrale de Bugey (Ain) en juillet, évitant un arrêt. Depuis juin, les centrales de Saint-Alban, Golfech et Tricastin, situées sur le Rhône, la Garonne et le canal du Donzère-Mondragon, ont vu leur production réduite ou arrêtée à plusieurs reprises, à cause de la température ou du niveau des cours d'eau. Mercredi, EDF enregistrait un taux d'indisponibilité pour motifs environnementaux de 20,4 % de sa puissance nominale, avec 13 réacteurs sur 57 arrêtés ou bridés. La production nucléaire globale a baissé de 3 % en juin et de 6 % en juillet 2026, sous l'effet des fortes chaleurs et des contraintes environnementales. Les scientifiques avertissent que ces problèmes vont se multiplier, alors que le réchauffement climatique entraîne des périodes de sécheresse plus longues.

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