Allemagne : vers une réforme des subventions aux énergies renouvelables
Allemagne : réforme des subventions aux énergies renouvelables

La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, a annoncé ce mercredi deux réformes visant à rendre la politique énergétique du pays plus efficiente et « flexible ». Ces mesures marquent un tournant par rapport à la stratégie menée par son prédécesseur écologiste Robert Habeck, en poste de 2021 à 2025.

Une critique du modèle actuel

« La transition énergétique, telle qu’elle a été menée jusqu’à présent, n’est pas efficiente en termes de coûts », a déclaré la ministre conservatrice lors d’une conférence de presse. Selon elle, l’État débourse entre 15 et 17 milliards d’euros annuellement pour soutenir les énergies renouvelables, des coûts en « forte hausse ». Elle a ciblé les exploitants d’installations solaires et d’éoliennes, qui reçoivent une subvention garantie quand ils injectent de l’électricité dans le réseau. « Les coûts sont actuellement supportés par la collectivité, que l’électricité soit nécessaire ou non », a-t-elle appuyé.

Les deux réformes annoncées

Dans le cadre de la première réforme, les subventions garanties pour les nouvelles installations renouvelables seront supprimées. Celles-ci devront désormais vendre leur électricité directement sur le marché pour mieux s’adapter à la demande. Les aides pour les projets liés à l’hydrogène seront également supprimées. La deuxième réforme vise à synchroniser le développement des installations renouvelables avec le réseau de transport de l’électricité, qui nécessite une modernisation. Katherina Reiche souhaite créer des zones « à capacité limitée », où la construction de nouvelles installations renouvelables sera financièrement moins encouragée. En effet, les coûts du « redispatching » — pour transporter l’énergie majoritairement produite dans le Nord vers le Sud — sont aussi en hausse.

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Réactions contrastées

La fédération de l’industrie allemande (BDI) a salué « des impulsions importantes et depuis longtemps nécessaires en faveur d’un système énergétique efficace et compétitif ». À l’inverse, la fédération allemande des énergies renouvelables (BEE) s’inquiète d’une possible baisse de deux tiers de la demande pour les petites installations photovoltaïques.

Gaz et critiques

Parallèlement, face aux problèmes d’intermittence des énergies renouvelables, Katherina Reiche souhaite stimuler la production et les importations de gaz en Allemagne. Des partis de gauche et ONG dénoncent un conflit d’intérêts, la ministre ayant dirigé une filiale du fournisseur d’énergie E.ON active dans le gaz. Elle a néanmoins répété mercredi son attachement à l’objectif de produire 80 % de l’électricité du pays à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030.

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