Le skillfishing, une pratique trompeuse dans le recrutement, se répand. Selon une étude récente, 68 % des recruteurs avouent exagérer les compétences requises pour un poste afin d'attirer plus de candidats. Cette méthode, qui consiste à embellir une offre d'emploi, peut avoir des conséquences néfastes pour les entreprises et les candidats.
Une pratique répandue et assumée
Le skillfishing, contraction de "skill" (compétence) et "fishing" (pêche), désigne le fait de pêcher des candidats en leur présentant un poste plus attractif qu'il ne l'est réellement. Selon une enquête menée par le site de recrutement CV Keeper, 68 % des recruteurs reconnaissent avoir déjà exagéré les compétences requises pour un poste. Cette pratique, bien que critiquée, semble être devenue courante dans le monde du travail.
Les recruteurs justifient souvent cette approche par la nécessité de se démarquer dans un marché de l'emploi concurrentiel. En gonflant les responsabilités ou les avantages liés au poste, ils espèrent attirer un plus grand nombre de candidatures, notamment de profils qualifiés. Cependant, cette stratégie peut se retourner contre eux, comme l'explique un expert en ressources humaines cité dans l'article : "Le skillfishing crée un décalage entre les attentes des candidats et la réalité du poste, ce qui peut entraîner une déception rapide et une démission prématurée."
Des conséquences pour les entreprises et les candidats
Pour les entreprises, le skillfishing peut nuire à leur image de marque employeur. Les candidats qui se sentent trompés peuvent partager leur expérience négative sur les réseaux sociaux ou les sites d'évaluation, ce qui peut dissuader de futurs talents. De plus, le taux de rotation du personnel augmente, ce qui engendre des coûts supplémentaires en termes de recrutement et de formation.
Pour les candidats, cette pratique est tout aussi préjudiciable. En acceptant un poste qui ne correspond pas à ce qui a été annoncé, ils peuvent se retrouver dans une situation de frustration professionnelle. Certains peuvent même être tentés de quitter leur poste rapidement, ce qui peut affecter leur carrière à long terme. L'article cite le cas d'un candidat qui, après avoir été recruté sur la base de compétences exagérées, a démissionné au bout de trois mois, déçu par la réalité du travail.
Comment repérer le skillfishing et s'en protéger
Pour éviter de tomber dans le piège, les candidats sont invités à poser des questions précises lors des entretiens. Il est recommandé de demander des exemples concrets de missions, de responsabilités et de perspectives d'évolution. Les recruteurs, quant à eux, sont appelés à la transparence pour instaurer une relation de confiance durable.
L'article souligne également l'importance de vérifier les informations fournies dans l'offre d'emploi, notamment en consultant les avis des employés sur des plateformes comme Glassdoor. Enfin, les experts recommandent aux entreprises de revoir leurs méthodes de recrutement et de privilégier l'authenticité plutôt que l'exagération. Cette approche, bien que moins séduisante à court terme, permettrait de réduire le taux de démission et d'améliorer la satisfaction des employés.



