Le ministre des PME et du pouvoir d'achat Serge Papin a estimé ce jeudi 23 avril 2026 que la crise déclenchée par la guerre au Moyen-Orient allait durer, mais il a assuré qu'il n'y avait pour l'instant « pas d'inflation » et que les distributeurs « jouaient le jeu » sur le prix du carburant.
Une crise qui s'installe dans la durée
Interrogé sur BFMTV/RMC, Serge Papin a déclaré : « La crise va durer, c'est probable, on ne sait pas si c'est quelques semaines ou quelques mois ». Il a toutefois souligné que les négociations entre les belligérants se poursuivaient, ajoutant : « Plus l'accord va prendre le temps d'aboutir, plus il sera sérieux : donc il faut être patient ».
Stabilité des prix et contrôle des marges
Le ministre a indiqué que la courbe des marges des distributeurs de carburant, contrôlée par la Direction de la Concurrence et de la Consommation (DGCCRF), montrait « qu'au début de la crise, il y a eu une petite envolée des prix, des marges, et qu'après, les choses se sont lissées, que les distributeurs ont joué le jeu ». Il a rappelé disposer « d'outils » pour assurer ce contrôle, notamment un projet de décret qui pourrait plafonner les marges. Par ailleurs, il a assuré qu'il y avait « une stabilité des prix » alimentaires, avec une progression de seulement « 0,04 % » depuis le début de la crise.
Pas d'urgence pour les négociations commerciales
Interrogé sur une possible réouverture des négociations commerciales entre producteurs et distributeurs, Serge Papin a estimé qu'il n'y avait « pas d'urgence ». « On va faire un point, sans doute à la fin du deuxième trimestre, et on verra les conséquences qu'il faut en tirer », a-t-il précisé.
Échange tendu avec Michel-Edouard Leclerc
Le ministre a également répondu aux critiques de Michel-Edouard Leclerc concernant les contrôles du prix à la pompe. « Il me cherche, et ce n'est pas d'aujourd'hui », a-t-il déclaré, ajoutant que Leclerc « oublie juste une chose, […] je suis ministre de la République, et donc […] j'ai changé de registre. Lui, il est dans la défense de ses intérêts, moi je suis dans la défense des Français ».
Immigration de travail : une réflexion nécessaire
Enfin, sur le thème de l'immigration de travail, Serge Papin a estimé qu'avec « une démographie en berne », il faudrait « une intégration en fonction des besoins, mais que ce soit réfléchi, débattu, compris », et qu'on « n'associe pas systématiquement les problèmes d'immigration et les problèmes de sécurité ».



