Mort d'une cliente à Nice : la gérante de l'institut sort du silence
Mort d'une cliente à Nice : la gérante sort du silence

Le 27 juillet, à Nice, une femme de 24 ans est décédée après avoir reçu une injection de botox illégale au niveau des fesses. L'acte avait été précédé d'une piqûre de lidocaïne, un anesthésiant, qui a provoqué un arrêt cardiaque. La victime avait rendez-vous dans un institut esthétique pour cet acte pratiqué par une femme de 36 ans, sans réelle formation ni autorisation.

La gérante de l'établissement, âgée de 28 ans, et l'intervenante ont été mises en examen et placées en détention provisoire. Toutes deux sont sans antécédent judiciaire. Le compagnon de l'intervenante a été placé sous contrôle judiciaire.

La gérante se dit « choquée et désemparée »

La gérante, qui louait ses locaux à des intervenants extérieurs et n'effectuait pas elle-même les injections, a expliqué au magistrat instructeur avoir tout tenté pour sauver la cliente. Son avocate, Me Audrey Vazzana, a confié à Nice-Matin : « Ma cliente a fait tout ce qu'elle pouvait. Elle a alerté les secours, a tenté de réanimer cette patiente, a pratiqué un massage cardiaque en visio avec les pompiers. Elle est choquée, traumatisée, désemparée. Elle n'a pas mesuré le danger. Ça a dépassé tout le monde. »

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Le choc est d'autant plus grand que la gérante connaissait la défunte. « Elle a fait le choix de s'expliquer devant le magistrat instructeur », ajoute son conseil, soulignant qu'aucun incident n'avait jusqu'alors été signalé dans cet institut.

Une intervenante « dévastée » mais sans formation

L'intervenante de 36 ans, décrite comme « dévastée et abasourdie » par son avocat Me Paul Sollacaro, travaille pourtant dans le domaine de l'esthétique. « Jusqu'ici, il n'y avait jamais eu de difficulté », a-t-il indiqué. Mais le parquet de Nice a affirmé qu'elle « ne disposait ni de réelle formation, ni d'autorisation » pour pratiquer des injections. L'acte s'est déroulé dans un cadre totalement illégal.

Des poursuites pour homicide involontaire

L'information judiciaire a été ouverte pour homicide involontaire, mise en danger d'autrui, exercice illégal de la profession de médecin et pratique commerciale trompeuse. Ces chefs de poursuite reflètent la gravité des faits et la volonté de la justice de faire toute la lumière sur les circonstances du drame.

Les avocats de la défense contestent toutefois la rapidité de la procédure. « Procéduralement, on a été très vite en besogne », regrette Me Sollacaro. « On a placé en détention ces deux personnes sans même avoir un rapport d'autopsie », ajoute Me Vazzana. Selon eux, cette précipitation pourrait compromettre l'équité de la procédure et la manifestation de la vérité.

Un phénomène répandu et dangereux

Ce fait divers met en lumière un problème de santé publique. Selon le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, plus de 40 % des injections esthétiques seraient réalisées hors cadre médical. Ces actes, moins coûteux, séduisent de nombreuses personnes, mais ils présentent des risques considérables : infections, nécroses, cicatrices, et parfois la mort.

Les injections de botox sont des actes médicaux réservés aux docteurs en médecine. Hors de ce cadre, les risques de complications sont démultipliés, notamment en cas d'injection dans une zone à risque comme les fesses, où l'aiguille peut atteindre un vaisseau sanguin important.

Les exemples récents ne manquent pas. En avril, une jeune femme de 21 ans témoignait dans Midi Libre des nodules apparus après une injection clandestine de lèvres à Montpellier. En mars, deux hommes avaient été interpellés après le décès d'une cliente à la suite d'une injection d'acide hyaluronique dans les fesses, d'après La Dépêche et actu Lyon.

L'enquête en cours à Nice devra déterminer les responsabilités exactes de la gérante et de l'intervenante. Ce drame rappelle, s'il en était besoin, que les actes esthétiques à visée médicale ne doivent être réalisés que par des professionnels habilités, dans des conditions strictes d'hygiène et de sécurité.

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