Deux pompiers décèdent à Mérignac, la profession en deuil et en colère
Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 juillet 2025, deux sapeurs-pompiers professionnels du centre de secours de Saint-Médard-en-Jalles ont perdu la vie en tentant d’éteindre un incendie à Mérignac, près de Bordeaux. Leur mort a plongé la communauté des soldats du feu dans le deuil, mais aussi dans la colère, alors que les incendies se multiplient cet été aux quatre coins de la France. Depuis longtemps, les pompiers dénoncent le manque de moyens et d’effectifs pour faire face à des interventions en hausse constante. En janvier dernier, ils étaient déjà descendus dans la rue pour réclamer de meilleurs salaires.
Une grille indiciaire variable selon le grade
Pour les 44 000 sapeurs-pompiers professionnels, la rémunération est calculée sur la base d’une grille indiciaire de la fonction publique territoriale. Le salaire d’un caporal, premier grade, démarre à 1 806 euros bruts mensuels et peut atteindre 2 092 euros bruts au douzième et dernier échelon. Pour le grade de sergent, la fourchette est comprise entre 1 821 et 2 370 euros bruts, et pour l’adjudant, entre 1 880 et 2 450 euros bruts.
Les officiers supérieurs, relevant de la catégorie A, perçoivent des salaires plus élevés : un capitaine touche entre 2 100 et 3 200 euros bruts, un commandant entre 2 400 et 3 500 euros, un lieutenant-colonel entre 2 800 et 4 000 euros, et un colonel entre 3 500 et 5 000 euros bruts par mois.
Des primes s’ajoutent au traitement indiciaire
À ces montants s’ajoutent diverses primes. La plus importante est l’indemnité de feu, équivalente à 25 % du traitement indiciaire brut. Viennent ensuite l’indemnité de responsabilité, qui varie selon le grade et les fonctions, et des indemnités de logement pour les pompiers non logés en caserne.
Les pompiers volontaires indemnisés à l’heure
Les 200 000 sapeurs-pompiers volontaires ne perçoivent pas un salaire mais une indemnisation. Un arrêté du 17 novembre 2025 a revalorisé leur indemnité horaire de base. En intervention, le taux horaire est de 8,71 euros pour un sapeur, 9,35 euros pour un caporal, 10,55 euros pour un sous-officier et 13,11 euros pour un officier. Pour les gardes en caserne, l’indemnité varie entre 35 % et 75 % du taux horaire de base, et en cas d’astreinte à domicile, le plafond légal est fixé à 9 % du taux horaire de base. « Mais suivant les services départementaux d’incendie et de secours, les indemnisations peuvent varier », souligne Bruno Ménard, secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France.
Un complément de revenu non négligeable
Même si l’argent n’est pas la motivation première pour beaucoup, certains pompiers volontaires disponibles peuvent gagner plusieurs centaines d’euros par mois. « Quand on peut toucher un complément de 300, 400 ou 500 euros à la fin du mois, ce n’est pas négligeable », estime Bruno Ménard, qui est monté « jusqu’à 800 euros » certains mois quand il était encore volontaire. « Mais je ne faisais pas ça pour l’aspect financier car je touchais déjà un salaire très confortable en tant qu’entrepreneur », assure-t-il.



