Une demande en forte hausse
Selon la dernière enquête de la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie, l’accès au logement social dans l’agglomération de Toulouse (Haute-Garonne) devient de plus en plus difficile, malgré une augmentation significative des constructions. Entre 2019 et 2024, la demande a bondi de plus de 31 %, avec près de 55 000 ménages en attente en 2024. En 2023, on comptait une attribution pour cinq demandes, contre une pour trois en 2019. Toulouse est classée en zone A, la plus tendue après la région parisienne. Les personnes seules représentent 31 % des demandes, et les familles monoparentales 41 %.
Des constructions en hausse mais insuffisantes
Entre 2000 et 2008, environ 1 000 logements sociaux étaient construits chaque année. Ce chiffre a triplé entre 2019 et 2024, les EPCI ayant fixé des objectifs de 3 000 logements par an, en privilégiant les ménages modestes. Cependant, depuis 2020, la hausse des prix de l’énergie, du foncier et des taux d’intérêt a freiné les projets. La réalisation de logements pour les ménages modestes a été inférieure de dix points aux objectifs.
Des délais d’attribution qui s’allongent
Le taux de rotation dans le logement social est passé de 8 % à 6,5 % en un an. En 2024, il fallait en moyenne 16 mois entre le dépôt de la demande et l’entrée dans le logement, contre 13 mois en 2019. Les publics les plus fragiles sont les plus touchés : ils n’ont obtenu que 26 % des attributions, un chiffre inférieur à l’objectif départemental. Chaque année, 9 300 entrées sont recensées dans les 86 227 logements sociaux de l’agglomération.
Pénurie de T2 et contradictions des bailleurs
L’enquête souligne également une pénurie de logements de type T2, ce qui accentue la tension entre l’offre et la demande. Les bailleurs sociaux, confrontés à des contraintes financières, privilégient parfois les logements intermédiaires destinés aux classes moyennes pour assurer leur équilibre financier. Marjorie Merliaud-Hubert, première conseillère à la CRC, explique : « Les bailleurs ont leur propre contingent, près de la moitié des attributions, et retiennent les ménages les plus solvables pour garantir la rentabilité. Ils doivent concilier mixité sociale et rentabilité économique. Un meilleur dialogue entre EPCI, bailleurs et État est nécessaire pour ajuster la politique du logement social. »



