À Draguignan, décrocher un job d'été devient un parcours du combattant
Job d'été à Draguignan : une quête de plus en plus difficile

Cet été, décrocher un emploi saisonnier est un véritable parcours du combattant pour de nombreux jeunes à Draguignan. Les offres se font plus rares, les critères de recrutement se durcissent et malgré des candidatures en série, beaucoup restent sur le carreau.

Maxence, 18 ans, bachelier et toujours sans emploi

Trois mois avant le début de la saison estivale, Maxence est serein. Convaincu qu'en s'y prenant tôt, il met toutes les chances de son côté, le jeune homme de 18 ans envoie ses premières candidatures pour un travail d'été. Titulaire du permis de conduire, véhiculé, avec une première expérience dans l'animation, il démarre ses recherches, plein de motivation. Mais rapidement c'est la désillusion. Il transmet son premier CV à un supermarché, aucune réponse ne lui sera envoyée. Commence alors une longue série de démarches. Maxence multiplie les candidatures auprès des grandes enseignes. Sans succès. Il élargit ensuite son périmètre de recherche, passant de Draguignan, aux Arcs-sur-Argens, puis Trans-en-Provence jusqu'à Fréjus. Toujours rien. Face au silence des recruteurs, il change de stratégie. CV et lettres de motivation imprimés sous le bras, il pousse directement les portes des entreprises. « Je pensais que ça ferait meilleure impression de venir les déposer en main propre », explique l'étudiant.

Une trentaine de candidatures infructueuses

Une trentaine de candidatures plus tard, envoyées par mail ou remises en personne, le constat est amer. Début juillet, Maxence n'a toujours trouvé aucun emploi. Boursier, il comptait sur ces deux mois de travail pour alléger le coût de sa rentrée universitaire. « J'étais désespéré de ne pas avoir de réponse, même si c'était un non. Ce job m'aurait permis de payer une partie de ma vie étudiante », souffle-t-il.

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Maxence est loin d'être un cas isolé. Cette année, les difficultés rencontrées par les jeunes à la recherche d'un emploi saisonnier sont particulièrement marquées. Un constat partagé par Rayann Mouslim, conseiller municipal délégué à la formation professionnelle à Draguignan. « Nous avons reçu beaucoup moins d'offres qu'à l'accoutumée. On en compte une trentaine pour cet été. Les années précédentes, il y en avait bien davantage, le mur était rempli. » Le mur en question se trouve à la Maison de l'étudiant de Draguignan, où sont affichées les offres d'emplois saisonniers. Cet été, les feuilles peinent à recouvrir le panneau d'affichage.

Noémie, étudiante à Nice, également sans réponse

Noémie, étudiante en biologie à Nice, s'y est rendue à la fin du printemps. Comme Maxence, elle a multiplié les démarches : candidatures en hypermarché, supermarché, veille quotidienne sur Indeed, appels téléphoniques, envois de mails… Sans obtenir la moindre réponse. Ne disposant pas du permis de conduire, ses possibilités sont encore plus limitées. « Avec mes études, il m'est impossible de travailler pendant l'année. Je comptais vraiment sur cet été pour mettre de l'argent de côté », confie-t-elle.

Trois facteurs d'explication majeurs

Pour Nadine Calzolari, conseillère en insertion professionnelle à la Mission locale, plusieurs facteurs expliquent cette situation. Le premier concerne les pratiques des employeurs. De plus en plus d'enseignes préfèrent augmenter le temps de travail de leurs étudiants déjà présents dans l'entreprise pendant l'année plutôt que de recruter de nouveaux saisonniers. Les contrats passent ainsi d'une douzaine d'heures hebdomadaires à 35 heures durant l'été. « C'est dommage, car cela ne laisse plus la possibilité aux jeunes disponibles uniquement pendant la saison de tenter leur chance », regrette-t-elle.

Deuxième obstacle : les dates de disponibilité. De nombreuses entreprises recherchent des candidats présents dès le mois de juin ou jusqu'à la mi-septembre. Impossible pour les étudiants. Enfin, comme chaque année, la mobilité reste un frein majeur. Sans permis ni véhicule, les opportunités se réduisent considérablement, notamment dans un territoire où les transports en commun demeurent limités.

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Des initiatives insuffisantes face au manque d'offres

Pour tenter d'inverser la tendance, la Maison de l'Étudiant de Draguignan « met tout en œuvre pour aider les jeunes » : organisation de job dating, aides au financement du permis de conduire ou du BAFA, accompagnement dans les candidatures… Mais malgré ces initiatives, le principal problème demeure le manque d'offres.

Faute d'avoir trouvé un emploi saisonnier, Maxence a finalement choisi de s'inscrire dans une agence d'intérim. Pour l'instant, il attend toujours qu'une première mission lui soit proposée.