Au Cambodge, le combat de dizaines d'anciennes employées du casino Nagaworld continue, des années après leur licenciement. Ces femmes, qui étaient membres d'un syndicat devenu influent, affirment avoir été licenciées en représailles à leur engagement syndical. Leur lutte, marquée par des procédures judiciaires et des manifestations, illustre les difficultés de la liberté syndicale dans le pays.
Un syndicat devenu trop puissant
Les ex-employées racontent que leur syndicat était devenu "extrêmement puissant" au sein de Nagaworld, le plus grand casino de Phnom Penh. Selon elles, la direction a alors cherché à se débarrasser des membres les plus actifs. "Notre syndicat était devenu extrêmement puissant, la direction a voulu se débarrasser de nous", témoigne l'une d'elles.
Le conflit a éclaté en 2016, lorsque plusieurs employées ont été licenciées après avoir participé à des actions syndicales. Depuis, elles multiplient les recours devant les tribunaux cambodgiens, mais sans succès. Elles dénoncent un système judiciaire inféodé au pouvoir politique et aux intérêts économiques.
Des procédures judiciaires sans issue
Les procédures engagées par les ex-employées de Nagaworld ont toutes été rejetées par la justice cambodgienne. Les juges ont systématiquement donné raison à la direction du casino, qui nie tout lien entre les licenciements et l'activité syndicale. Les avocats des employées dénoncent une justice aux ordres, qui ne protège pas les droits des travailleurs.
Malgré ces revers, les femmes continuent de se mobiliser. Elles organisent des rassemblements devant le casino et interpellent les organisations internationales. Leur détermination reste intacte, même si elles savent que le rapport de force est inégal. "Nous n'avons pas peur, nous continuerons à nous battre pour nos droits", affirme l'une d'elles.
Un combat emblématique pour la liberté syndicale
Le cas de ces employées de Nagaworld est devenu un symbole de la répression syndicale au Cambodge. Le pays est régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits humains pour son traitement des syndicalistes. Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch, les travailleurs cambodgiens font face à des obstacles majeurs pour exercer leur droit de grève et de négociation collective.
Les ex-employées de Nagaworld espèrent que leur combat attirera l'attention de la communauté internationale et fera pression sur le gouvernement cambodgien. En attendant, elles continuent de vivre dans l'incertitude, sans perspective de réintégration. Leur histoire illustre les limites de la protection sociale dans un pays où l'économie repose en grande partie sur des investissements étrangers comme celui de Nagaworld.



