La ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle, Sabrina Roubache, a lancé dimanche 23 août 2026 un appel aux chefs d'entreprise pour qu'ils embauchent des jeunes en apprentissage, assurant que les crédits dédiés à ces contrats ont été « sanctuarisés ». Dans un entretien accordé au quotidien national Le Parisien, elle déclare : « Actuellement, il y a des milliers de jeunes qui ont trouvé leurs formations mais pas leurs entreprises. Je lance donc un appel aux patrons : investissez dans notre jeunesse ! »
Des crédits sanctuarisés pour rassurer les entreprises
Sabrina Roubache a tenu à répondre aux inquiétudes des employeurs face au contexte économique. « Je sais leurs angoisses économiques, mais qu'ils soient rassurés : les crédits de l'apprentissage ont été sanctuarisés (...) Ça leur garantit stabilité et visibilité », a-t-elle ajouté. Elle reconnaît toutefois une baisse des aides publiques destinées aux entreprises qui recrutent des apprentis, modulée selon le niveau de diplôme et la taille de la société.
La ministre précise que cette réduction « n'a concerné que les grandes entreprises qui bénéficient désormais d'une enveloppe de 2.000 euros au lieu de 5.000 ». Elle promet que « les plus petites entreprises ont été épargnées, et (...) il n'y aura pas de coupe supplémentaire ». Tout en défendant cette mesure, elle estime que « l'aide sous perfusion permanente ne peut pas continuer ».
Des mesures pour les apprentis en ruralité et dans le public
Pour favoriser l'accès à l'apprentissage, le gouvernement va « lancer un leasing social pour que les apprentis en ruralité puissent bénéficier de voitures sans permis », ainsi que « ouvrir des places en internat ». Ces annonces visent à lever les freins matériels à la formation.
Sabrina Roubache reconnaît également que « les apprentis sont moins représentés dans le secteur public qui doit, en effet, plus recruter ». Elle compte aussi mettre en place en octobre un conseil national de la refondation (CNR) « sur l'attractivité de la filière professionnelle en mettant autour de la table les familles, les jeunes, les syndicats, les profs, les chefs d'entreprises ».
Un contexte de chômage des jeunes en hausse
La ministre intervient alors que le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon l'Insee. Elle affirme que « le chômage des jeunes n'est pas une fatalité ».
Pour appuyer son appel, elle souligne les besoins importants du marché du travail : « Aujourd'hui, plus de 400.000 emplois ne sont pas pourvus et on va devoir en créer 600.000 supplémentaires dans le secteur des services à la personne d'ici à 2036 ». Ces chiffres illustrent, selon elle, la nécessité d'investir dans la formation des jeunes.



