Depuis le 1er juillet 2025, il est interdit de fumer sur toutes les plages publiques de France, une mesure déjà en vigueur à Nice depuis 2024. Un an après, le constat est sans appel : la règle est respectée et les amateurs de plage, qu'ils soient fumeurs ou non, estiment que cette interdiction est une bonne chose. C'est ce que nous avons pu vérifier ce mercredi 5 août 2026 sur les galets niçois.
Une mesure bien acceptée par les fumeurs et non-fumeurs
Sur la plage publique du Castel, deux jeunes touristes de la région parisienne avouent leur ignorance : « On n'était pas du tout au courant », lâche Jade, la vingtaine, en écrasant sa cigarette sur un galet. « Il y a de plus en plus d'espaces publics interdits à la cigarette, ce n'est pas surprenant. Mais pour moi, c'était plutôt devant les écoles, dans les parcs autour des aires de jeux. À la plage, il y a du vent, c'était pas forcément gênant. Même si je peux comprendre que ça dérange les familles. » Sa copine éteint aussi sa cigarette, tandis que la troisième, qui vapote, peut continuer : la cigarette électronique n'est pas concernée par l'interdiction. En cas de verbalisation, l'amende est de 135 euros.
Un peu plus loin, sur la promenade des Anglais, près de la plage de l'Opéra, Peter, jeune touriste hongrois, fume une cigarette. Il est bien informé : « Oui, je sais que c'est interdit, c'est pour ça que je fume ici. Je pense que c'est bien : les autres n'ont pas à supporter ma fumée. » Ses amis anglais et hongrois, non-fumeurs, sont partagés : ils soutiennent l'idée de protéger les enfants, mais « on sait que c'est une addiction, il faudrait un espace pour les fumeurs. Pas forcément sur la plage mais à côté ».
Des arguments sanitaires et écologiques
À l'ombre d'un palmier, Hans, un vacancier suisse, fume aussi. « Cette interdiction est logique : fumer, ce n'est pas bon pour la santé. Regardez : ensuite j'écrase ici ma cigarette et je jette mon mégot », explique-t-il, en montrant un emplacement spécial prévu sur les poubelles. Rémi, un quadragénaire de la région parisienne en vacances, ancien fumeur, acquiesce et désigne un mégot coincé entre deux galets : « La meilleure raison, elle est là. Les gens ne respectent pas et ce n'est pas très agréable. C'est polluant. » Il ajoute : « Je fumais sur la plage, oui. Et ma réponse serait peut-être différente si je n'avais pas arrêté… Mais je trouve que ça a toujours été une bonne idée de l'interdire dans les lieux publics. Cette odeur de cigarette autour de soi, ce n'est pas agréable… »
Farah, une Niçoise de la soixantaine, également ancienne fumeuse, se réjouit : « C'est génial de ne pas avoir de cigarettes. Si un gosse marche pieds nus et qu'il y a une cigarette mal éteinte, il peut se brûler. Une plage propre, c'est aussi plus sympa. On est les uns à côté des autres, on respire la cigarette, on est fumeur indirectement. » Interrogée sur son comportement passé, elle avoue : « En toute sincérité, non, je ne m'en rendais pas compte. »
Une évolution saluée par les familles
Au terme d'une promenade sur les galets, le constat est clair : peu de mégots abandonnés, seulement quelques cigarettes électroniques. En partant, on croise une famille de vacanciers avec de jeunes enfants. Sidy, le père, fumeur, comprend alors pourquoi il ne voyait personne fumer : « Ah, c'est pour ça que je ne voyais personne fumer. » Son épouse, Abby, renchérit : « C'est une excellente mesure, d'abord parce que les plages sont fréquentées par de jeunes enfants. Ils n'ont pas à respirer des fumées toxiques. C'est moins de pollution aussi car les fumeurs peuvent jeter leurs mégots qui finissent à la mer. » Le père confirme : « C'est un pas pour l'écologie. » Interrogé sur une éventuelle frustration, il répond : « Non pas du tout, on s'écarte, on va plus loin. Ça fait partie de la bonne évolution de la société. »
Cette acceptation générale s'explique par la double finalité de la mesure : protéger les enfants du tabagisme passif et réduire la pollution des mégots. Nice, précurseur en la matière, avait ouvert sa première plage sans tabac en 2012, celle du Centenaire, avant d'étendre l'interdiction à toutes ses plages et jardins publics en 2024, puis à toute la France en 2025.



