L'idée du Medef de mettre en place une TVA sociale est fermement rejetée par l'économiste Gabriel Zucman. Selon lui, cette mesure reviendrait « à renchérir sur les prix à la consommation » et « serait particulièrement inacceptable et par ailleurs nocif pour l'économie française ».
Une proposition jugée antisociale
La TVA dite « sociale », qui consisterait à compenser des baisses de cotisations pesant sur le travail par une augmentation de la TVA sur la consommation, pour en affecter une fraction à la Sécurité sociale, « déjà, ça n'a aucun sens en soi, mais particulièrement dans le contexte actuel », marqué par « des pressions inflationnistes suite à l'explosion des prix du pétrole », a dénoncé Gabriel Zucman lors de la journée internationale de la CGT, organisée à Tours à la veille du 54e congrès du syndicat.
« Il n'y a pas plus antisocial que la TVA sociale, qui va faire payer la quasi-totalité des travailleurs et des travailleuses, et notamment toutes celles et ceux qui ne sont pas imposables parce qu'ils n'ont pas assez de revenus », a de son côté relevé la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet.
Un vieux débat relancé par le Medef
Le Medef a récemment relancé cette piste dans un contexte de tensions autour du coût du travail. Dénonçant le gel des allègements de charges patronales décidé par le gouvernement malgré la hausse du Smic, son président Patrick Martin a défendu la semaine dernière « une réforme de structure », qui consisterait à réduire de 60 milliards d'euros les cotisations patronales allouées à l'Assurance-maladie et à la branche famille, en partie compensée par un relèvement du taux normal de TVA.
« On nous dit que la TVA sociale serait philosophiquement inadmissible, mais il y a déjà 50 milliards d'euros de la protection sociale qui sont financés par la TVA ! », a-t-il fait valoir dans Le Figaro.
Un précédent en 2012
Adoptée en 2012 puis abrogée dans la foulée par l'ancien président socialiste François Hollande, la « TVA sociale » a refait surface l'an dernier dans le débat public, sous l'impulsion de l'ex-Premier ministre François Bayrou. La gauche, le Rassemblement national et les organisations syndicales s'y étaient alors vivement opposés.



