Un phénomène de triche aux examens suscite l'inquiétude des établissements scolaires et universitaires : l'envoi d'un imposteur aux toilettes pour obtenir des réponses. Selon un témoignage recueilli par Libération, cette méthode repose sur l'absence de vérification d'identité lors des sorties. « C'est de la triche, personne ne vérifie qui est aux toilettes », déplore un étudiant.
Un système de complicité bien rodé
Le stratagème implique deux candidats : l'un reste dans la salle d'examen, l'autre se rend aux toilettes. L'imposteur, qui a préparé des fiches ou consulte son téléphone, transmet les réponses via des messages écrits ou des signaux convenus. Les surveillants, souvent en sous-effectif, ne contrôlent pas l'identité des personnes qui entrent et sortent des sanitaires.
Des failles dans la surveillance
Cette pratique met en lumière les lacunes des dispositifs de contrôle. Dans de nombreux établissements, les toilettes sont situées hors de la salle d'examen, sans accès direct. Les surveillants se contentent souvent de noter le nombre de sorties, sans vérifier qui revient. « On compte les allers-retours, mais on ne peut pas suivre chaque individu », confie un enseignant.
Les conséquences peuvent être graves : inégalité entre candidats, dévalorisation des diplômes et sanctions disciplinaires pour les fraudeurs. Certaines universités ont déjà renforcé leurs protocoles, comme l'installation de badges nominatifs ou la présence d'un surveillant dédié aux toilettes.
Des solutions envisagées
Face à ce fléau, plusieurs pistes sont explorées :
- Vérification systématique de l'identité à chaque sortie et retour, via une pièce d'identité ou un badge.
- Limitation du nombre de sorties autorisées pendant l'épreuve.
- Installation de caméras de surveillance dans les couloirs menant aux toilettes, dans le respect de la vie privée.
- Utilisation de brouilleurs de téléphone portable dans les sanitaires.
Ces mesures visent à dissuader les tricheurs et à garantir l'équité entre les candidats. Toutefois, leur mise en œuvre se heurte à des contraintes budgétaires et logistiques.
Un appel à la vigilance
Les autorités éducatives appellent les établissements à être plus vigilants. « Il faut que les surveillants soient formés à repérer les comportements suspects », insiste un responsable académique. La triche aux toilettes n'est pas un phénomène nouveau, mais elle prend de l'ampleur avec la généralisation des smartphones. Les étudiants, de leur côté, dénoncent un système qui favorise les plus malins. « Ceux qui trichent réussissent mieux, c'est injuste », regrette une lycéenne.
En attendant, les établissements tentent de s'adapter, mais la course entre tricheurs et surveillants semble loin d'être terminée.



