Les avis de taxe foncière sont tombés le 27 août 2026 et, avec eux, la colère des Dracéniens face à la hausse de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Le taux est passé de 12,6 % en 2025 à 16 %, soit une augmentation de 3 points. Depuis, les plaintes affluent sur les réseaux sociaux, visant directement le président de Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa), Claude Alemagna. Ce dernier, interrogé par Var-matin, assume pleinement cette décision, votée à la majorité par les élus il y a quatre mois.
Une hausse qualifiée d'« obligation » par le président
« J'assume toujours cette décision. Je le répète, mais ce n'était pas un choix. C'était une obligation », déclare Claude Alemagna. Le budget dédié aux déchets affiche un déficit chronique. Plusieurs facteurs ont fait gonfler les factures : l'augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes (passée de 25 euros la tonne en 2020 à 69 euros en 2026), le prix des carburants, etc. « Tout cela représente donc un surcoût direct de 4,4 millions d'euros », précise-t-il.
Jusqu'à présent, pour stopper l'hémorragie, de l'argent était ponctionné dans les autres services. « Mais on ne pouvait pas le faire ad vitam aeternam. Résultat, c'est brutal », justifie le président de DPVa, qui aurait préféré augmenter la TEOM « petit à petit ». Pour l'heure, la somme générée par l'élévation du taux permet simplement de renflouer les caisses et de redonner un équilibre financier au service de collecte, de traitement et de revalorisation des déchets. « Pour investir, ensuite, il faut dégager une marge. Sur du long terme, nous y parviendrons », assure celui qui est aussi maire de Lorgues.
Pas de retour en arrière sur le taux
Le taux ne reviendra donc pas à la baisse. « Nous n'avons pas d'autre levier que celui-ci. Nous avions déjà fait des économies, par exemple en supprimant des points d'apport volontaires, mais ce n'était pas suffisant. Cette décision est responsable. Nous étions très en retard », affirme Claude Alemagna. À ceux qui menacent d'arrêter de trier leurs déchets par contestation, il répond : « Ce serait désolant, nos efforts seraient rendus à néant et ça provoquerait par ricochet une augmentation du coût, encore. Ce serait complètement ridicule. »
À ce jour, le coût du service de traitement (282 euros par habitant) demeure inférieur à celui du Pays de Fayence (288 euros par habitant) et d'Estérel Côte d'Azur (293 euros par habitant). Le tonnage d'ordures ménagères collectées en Dracénie a baissé de plus de 7 400 tonnes en quatre ans (de 39 687 tonnes en 2021 à 32 276 tonnes en 2025). Le taux de déchets recyclés, réemployés ou remblayés atteint 55 % aujourd'hui, « alors que l'objectif fixé en 2025 était de 65 % », salue le président.
Un nouveau projet de mutualisation en vue
En parallèle, Claude Alemagna cherche une solution pour mutualiser la gestion des déchets. « Avec les cinq autres intercommunalités (Provence Verdon, Cœur du Var, Provence verte, la communauté de communes lacs et gorges du Verdon, Pays de Fayence), nous allons vers un projet de construction », annonce-t-il. Après une première réunion fin juin, une nouvelle rencontre doit avoir lieu le 10 septembre. « À cette occasion, nous poserons les bases d'une convention commune. Nous engagerons aussi un bureau d'études qui nous permettra d'y voir plus clair sur les procédures, les possibilités, les sites potentiels… Nous étudierons tout, dans le même principe que le PTE, mais certainement sans réseau de chaleur. Nous repartons vraiment de zéro. Le but étant que l'on fasse des économies sur le coût des déchets. Tout le monde veut créer une usine de traitement, mais personne ne la veut chez soi. Nous trouverons l'endroit le plus adapté et en accord avec la commune. On ne forcera personne », assure-t-il.
Quant aux 16,5 hectares du Puits de l'Éouve, acquis pour plus de 2,6 millions d'euros par l'agglomération en 2022, et qui devait accueillir le PTE, « il n'y a pas de projet aujourd'hui ». Le président imagine néanmoins une reconversion en ferme pédagogique ou l'installation d'une filière liée au développement agricole. « Quoi qu'il en soit, je doute qu'on parvienne à le vendre au prix d'achat. » Les bénéfices de la vente pourraient même combler une partie des pénalités financières liées à l'abandon du PTE, dont le montant s'élève à 4,2 millions d'euros. « Nous avons bon espoir. Nous ne sommes pas encore allés au contentieux. Nous faisons tout notre possible pour en payer le minimum », confie Claude Alemagna.
Des mesures pour préserver le pouvoir d'achat
En attendant, le chef de l'Agglo entend proposer prochainement aux conseillers communautaires de « nouvelles mesures » destinées à « préserver le pouvoir d'achat » des quelque 113 000 Dracéniens. « Avec tout ça, ils vont en perdre, c'est sûr. Il s'agirait donc de créer des groupements d'achats pour obtenir des prix compétitifs. Nous avons commencé à travailler sur le sujet avant l'été. »
L'augmentation globale de la TEOM atteint toutefois 26,98 % pour de bon nombre de Dracéniens, en raison de la revalorisation des bases locatives cadastrales, laquelle intervient chaque année. Ainsi, le montant total de la TEOM peut être revu à la hausse ou à la baisse. Certains accusent même près de 30 % d'augmentation.



