Une augmentation de la taxe sur les ordures ménagères qui divise
Lors du conseil d'agglomération de la Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa), les élus ont adopté le budget primitif 2026, d'un montant de près de 74 millions d'euros. Ce budget, qualifié de prudent et équilibré, n'a pas suscité de débats majeurs. En revanche, la question du financement des déchets a profondément divisé l'assemblée.
Un budget principal sous contraintes
Le budget principal affiche un excédent de fonctionnement estimé entre 3,3 et 4,5 millions d'euros, malgré l'absence de versement du Fonds de compensation de la TVA (FCTVA) en 2026, représentant un manque à gagner de 2 millions d'euros. L'agglomération conserve des marges financières confortables avec 8 millions d'euros d'excédent cumulé et une trésorerie d'environ 12 millions. Romain Vacquier, vice-président en charge des finances, a souligné le dynamisme des recettes fiscales et la maîtrise de l'endettement.
Le budget déchets : un déficit structurel alarmant
Le budget annexe des ordures ménagères a cristallisé les tensions. À taux constant, le service afficherait en 2026 un déficit de près de 4 millions d'euros. L'explosion des coûts de traitement des déchets (35 000 tonnes en Dracénie) est en cause : fin d'accords historiques avec le Vallon des Pins à Bagnols-en-Forêts, recours à des incinérateurs éloignés (Toulon et Nice pour 10 000 tonnes), et hausse de la fiscalité environnementale. Les coûts de traitement ont augmenté de 30 %, auxquels s'ajoute une hausse de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). Des fragilités structurelles liées à un sous-investissement chronique sont également pointées. Romain Vacquier résume : « On se prend 3,7 millions d'euros de hausse », évoquant un parc de véhicules vieillissant et des équipements dégradés.
Une hausse de la TEOM proposée à 16 %
Face à cette situation, le vice-président propose de faire passer la Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) de 12,6 % à 16 %, soit une augmentation de plus de trois points. L'objectif est de rendre le budget déchets autonome et de mettre fin à la « perfusion » du budget principal, qui avait déjà dû compenser à hauteur de 800 000 euros en 2025. « Quand on parle de 4 millions d'euros, ce n'est plus possible », martèle Romain Vacquier. Cette augmentation permettrait d'équilibrer le budget et de dégager environ 2,8 millions d'euros pour relancer l'investissement : renouvellement des camions, modernisation des déchetteries, sécurisation des équipements.
Des élus partagés entre responsabilité et inquiétude
Si plusieurs élus reconnaissent la nécessité d'agir, beaucoup dénoncent une hausse brutale pour les ménages, estimée entre 120 et 150 euros supplémentaires par an et par foyer. Nathalie Perez, maire de La Roque-Esclapon, juge cette augmentation « un peu violente » et regrette qu'aucune décision intermédiaire n'ait été prise. Nadine Decarlis, maire de Bargemon, indique ne pas avoir « ce courage politique » et s'abstient. Bernard Cigarini, maire de La Motte, pointe un manque d'anticipation : « Il aurait fallu augmenter progressivement ces dernières années. » La question de l'équité fiscale est également soulevée, certains élus dénonçant des écarts importants entre communes en raison des bases définies. Karine Alsters, maire de Flayosc, aurait souhaité une vision à long terme avant d'augmenter la fiscalité. Nathalie Gonzales regrette l'abandon de la Semop, qui devait piloter le projet du Pôle de transition environnementale. Le président Claude Alemagna assume une décision difficile mais nécessaire. Plusieurs élus favorables à la hausse insistent sur la responsabilité collective. Tous s'accordent sur la nécessité d'améliorer le service et de mieux expliquer les enjeux aux habitants.
Ce débat révèle une problématique plus large : le coût croissant de la gestion des déchets pour une collectivité, entre contraintes réglementaires, inflation et transition écologique, réduisant les marges de manœuvre et faisant peser la facture sur les contribuables.



