L'opération commerciale a tourné au fiasco. Le lancement samedi d'une collection spéciale de montres Swatch, créées en collaboration avec l'horloger de luxe Audemars Piguet, a donné lieu à des scènes de chaos dans plusieurs villes de France. Échauffourées, violences, interventions policières… Certaines boutiques n'ont même pas ouvert leurs portes.
Des débordements à Lille
Ce fut notamment le cas à Lille (Nord), où « au moins quatre » personnes ont indiqué aux équipes municipales qu'elles allaient porter plainte, disant avoir reçu « des coups de poing dans la file d'attente », a assuré à l'AFP Maroin Al Dandachi, adjoint au maire en charge du Vieux-Lille. La mairie a aussi annoncé un dépôt de plainte contre Swatch pour « entrave à la circulation sur la voie publique ». « Swatch ne nous avait pas prévenu, nous avons eu connaissance de cet événement via la presse », a expliqué Maroin Al Dandachi à La Voix du Nord.
Gaz lacrymogène dans les Yvelines
En région parisienne, quelque 300 personnes venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2 (Yvelines), ont été dispersées par la police à l'aide de gaz lacrymogène. Un rideau métallique et deux portiques de sécurité ont été endommagés, et des policiers et agents de sécurité ont été pris à partie, selon une source policière. La vente a été annulée sans communication de date de report de l'opération, « le dispositif de sécurité ayant été sous-évalué par les organisateurs », selon la même source.
Sur son compte Instagram, Swatch France indiquait simplement qu'en raison de « considérations de sécurité publique », ses magasins de Parly 2, Lyon, Deauville, Rennes, Lille, Saint-Tropez et Montpellier resteraient fermés aujourd'hui.
Des incidents également à l'étranger
L'opération a également mal tourné à Milan, en Italie, où une bagarre a éclaté devant un magasin Swatch à l'ouverture samedi, selon des images diffusées par les médias, avec aussi des tensions devant une autre boutique milanaise de la marque suisse quand les vendeurs ont annoncé que le stock était épuisé. Des mouvements de foule ont également été observés en Thaïlande, et aux États-Unis, entre autres.
Des montres revendues à plus de 2 000 euros
La vente de montres « Royal Pop », vendues 400 euros environ selon le modèle, issues de la collaboration entre les deux groupes suisses a attiré les foules. De longues queues de plusieurs centaines de personnes s'étaient formées dans les nuits précédentes dans de nombreuses villes, occasionnant des tensions, la sécurité des magasins se trouvant débordée.
Sur les sites de revente en ligne, la revente s'organisait déjà : sur Vinted, une Royal Pop fuchsia et jaune s'affichait ainsi à plus de 2 750 euros, en provenance du Portugal, samedi après-midi.
Sur son compte X, Swatch se faisait samedi étriller par les clients, lui reprochant d'avoir extrêmement mal géré l'opération. « Nous faisons de notre mieux pour répondre à la demande, et nous espérons que toute personne qui est fan de cette collaboration pourra bientôt mettre la main sur l'une de ces montres. Nous vous recommandons de vérifier régulièrement auprès de votre magasin sélectionné le plus proche », a répondu la marque sur X.



