La revalorisation du revenu minimal des livreurs à vélo, désormais fixé à 11,75 euros par course, a été officialisée ce jeudi 10 juillet. Cette mesure, issue d'un long bras de fer avec les plateformes Uber Eats et Deliveroo, est qualifiée de « demi-victoire » par les syndicats, qui espéraient un montant plus élevé.
Un compromis arraché de haute lutte
Après des mois de négociations et plusieurs menaces de grève, les représentants des livreurs ont obtenu une augmentation de 0,75 euro par rapport au précédent tarif de 11 euros. Le nouveau montant s'appliquera à partir du 1er septembre prochain. Selon la Fédération nationale des syndicats de livreurs (FNSL), cette hausse ne compense pas l'inflation et la hausse des coûts d'exploitation.
« C'est une avancée, mais insuffisante », a déclaré Karim Bouazza, secrétaire général de la FNSL, cité par nos confrères. « Les plateformes continuent de faire des profits records pendant que les livreurs peinent à joindre les deux bouts. Nous exigeons un revenu minimum de 13 euros par course pour vivre dignement. »
Des conditions de travail toujours précaires
Au-delà de la question du revenu, les syndicats dénoncent des conditions de travail de plus en plus difficiles. La pression sur les délais de livraison, l'absence de protection sociale et la multiplication des courses longues distance sont autant de sujets de mécontentement. Une enquête interne de la FNSL révèle que 68 % des livreurs travaillent plus de 10 heures par jour pour atteindre un revenu décent.
Du côté des plateformes, on se félicite de cet accord. « Nous avons trouvé un équilibre entre la rémunération des livreurs et la viabilité économique de nos services », a indiqué un porte-parole d'Uber Eats. Deliveroo, de son côté, souligne que ce nouveau tarif place Paris parmi les villes les plus généreuses pour les coursiers en Europe.
Un impact limité sur le pouvoir d'achat
Pour un livreur effectuant en moyenne 15 courses par jour, la revalorisation représente un gain mensuel d'environ 150 euros brut. Cependant, une fois déduits les frais de maintenance du vélo, l'assurance et les cotisations sociales, le gain net est estimé à seulement 80 euros par mois. « Cela ne change pas fondamentalement notre quotidien », explique Ahmed, livreur à Paris depuis trois ans. « On reste dans une précarité constante, avec la peur de la maladie ou d'un accident qui mettrait fin à notre activité. »
Les syndicats appellent à une nouvelle mobilisation dès la rentrée de septembre pour obtenir des avancées sur la protection sociale et la reconnaissance du statut de salarié. Une proposition de loi déposée par des députés de gauche devrait être examinée à l'Assemblée nationale en octobre, visant à requalifier les livreurs en salariés des plateformes.



