Protection solaire : les Français baissent la garde malgré l'explosion des cancers de la peau
Protection solaire : les Français baissent la garde

Alors que les cancers de la peau ont plus que triplé en France depuis 1990, les Français semblent paradoxalement relâcher leur vigilance face au soleil. C’est le constat préoccupant du baromètre 2026 OpinionWay pour la Fédération des entreprises de la beauté (FEBEA), qui met en lumière une baisse marquée de l’utilisation des protections solaires, y compris chez les parents.

Un recul généralisé de la protection solaire

Près d’un Français sur trois affirme aujourd’hui ne pas utiliser de crème solaire à la plage ou à la piscine, soit une hausse de 12 points par rapport à 2024. Dans le même temps, le nombre de personnes déclarant appliquer une protection solaire a chuté de 12 %. Ce désengagement est particulièrement notable chez les parents. Si 84 % déclarent encore protéger leurs enfants du soleil, ce chiffre baisse de neuf points en deux ans. Plus inquiétant encore, seuls 42 % renouvellent régulièrement l’application de crème solaire sur leurs enfants, en baisse de 17 points.

Les jeunes et les travailleurs en extérieur particulièrement exposés

Les jeunes apparaissent comme les moins sensibilisés : près d’un moins de 25 ans sur deux estime pouvoir se passer de crème solaire sans danger réel. Quatre jeunes sur dix disent ne pas se protéger à la plage ou à la piscine. Les travailleurs en extérieur et certains sportifs, comme les adeptes du trail, figurent également parmi les publics les plus exposés et les moins protégés.

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Les freins : prix, contrainte et inquiétudes environnementales

Le prix des produits solaires reste un frein majeur, cité par plus d’un Français sur deux et par 58 % des parents. Beaucoup évoquent aussi la contrainte d’une application répétée, perçue comme une « corvée ». Les habitudes de réapplication, pourtant essentielles, restent insuffisantes : seuls 25 % des Français disent remettre de la crème toutes les deux heures, conformément aux recommandations sanitaires.

À ces obstacles s’ajoutent des interrogations persistantes sur la composition des crèmes et leur impact environnemental. Un Français sur deux dit encore se méfier des effets supposés de certains ingrédients sur la santé ou les océans, même si cette inquiétude recule légèrement.

Un message de prévention inchangé

Pour les dermatologues, le message reste pourtant inchangé : 85 % des cancers de la peau pourraient être évités grâce à une meilleure protection solaire. « Une seule grosse exposition peut avoir des conséquences des années plus tard », rappelle Isabelle Gallet, vice-présidente du Syndicat national des dermatologues. Un avertissement qui résonne alors que les comportements de prévention semblent, eux, s’éroder.

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