Manger cinq fruits et légumes par jour devient un défi pour de nombreux Français. L'association de défense des consommateurs Familles rurales a déploré ce jeudi une « forte hausse » du prix des légumes sur un an, en partie due aux « aléas climatiques ».
Une enquête sur 40 départements
Comme chaque année, l'association a réalisé 118 relevés de prix dans plusieurs grandes surfaces (hypermarchés, supermarchés, discounters et magasins spécialisés bio) du 8 au 21 juin, sur 40 départements, pour un panier de neuf fruits et de dix légumes. Côté légumes, la hausse est « nette » entre juin 2025 et juin 2026, aussi bien en bio (+7 %, à 5,47 euros le kilo) que pour les produits conventionnels (+10 %, à 3,27 euros).
Des prix des légumes qui augmentent plus vite que l'inflation
« Les épisodes successifs de fortes pluies, de fraîcheur puis de chaleur ont perturbé les productions », analyse l'association. « Les principaux pays fournisseurs de la France, notamment l'Espagne et le Portugal, ont eux aussi connu » une météo défavorable. Parmi les progressions les plus importantes, les courgettes ont par exemple coûté 32 % de plus en conventionnel (2 euros le kilo), tandis que les tomates grappes ont enregistré une hausse de 31 % (2,91 euros).
Fruits : stabilisation en conventionnel, baisse en bio
Au rayon fruits, en revanche, l'association relève une stabilisation du prix moyen (-0,2 %) pour les produits conventionnels, à 4,33 euros le kilo, et un recul (-10 %) pour le bio (6,96 euros le kilo), toutefois toujours « hors de portée de nombreux budgets ». Malgré « d'importantes fluctuations météorologiques » en mai, les « fruits à noyau ont bénéficié d'une production importante », ce qui a « contribué à contenir certains prix », note Familles rurales.
Une tendance durable qui inquiète
Pour autant, « les difficultés d'accès aux fruits et légumes ne relèvent plus de fluctuations ponctuelles, mais d'une tendance durable », leur prix ayant augmenté « beaucoup plus vite » en dix ans que l'inflation générale, fait valoir l'association, données de l'Insee à l'appui. Elle appelle les parlementaires à soutenir une proposition de loi du député écologiste Boris Tavernier censée garantir l'accès à un panier de produits sains vendus à prix coûtants.



