Depuis quelques mois, les distributeurs automatiques de cartes Pokémon fleurissent dans les galeries marchandes et centres commerciaux du Var. Derrière ces machines, des entrepreneurs comme Sylvain Pacini, fondateur de Poké’Universe, ont saisi une opportunité sur un marché en pleine expansion. « Je me suis inspiré du Japon où ces distributeurs sont implantés partout », explique-t-il, devant son premier distributeur installé le 22 avril dernier dans la galerie marchande Intermarché à Cuers.
Une reconversion réussie pour Sylvain Pacini
Ancien gérant de pizzeria, Sylvain Pacini a lancé sa société en novembre 2024. Il se dit « satisfait » de sa reconversion : « Je réalise en moyenne 150 euros de chiffre d’affaires par jour, jusqu’à 250 euros le samedi. Mon objectif est 4 000 euros par mois et par machine ». Deux autres distributeurs seront installés en juin à Brignoles et Carnoules, et une dizaine d’ici la fin de l’année.
Un modèle économique rentable
Chaque distributeur contient une soixantaine de références. Les paquets de 5 à 10 cartes sont vendus à partir de 2,90 euros, jusqu’à 29,90 euros pour la série 151 « Écarlate et Violet ». « Ce sont ces séries d’exception qui se vendent le mieux, et sur lesquelles je fais le plus de marge », reconnaît Pacini. Un pourcentage de son chiffre d’affaires est reversé au bailleur. Les machines, valant entre 8 000 et 12 000 euros pièce, contiennent 15 000 euros de marchandises. Son stock de 60 000 euros est gardé dans un entrepôt logistique de 130 m² près de Brignoles.
« Aujourd’hui il y a beaucoup plus de demandes que d’offres, donc lorsqu’une nouvelle série sort en magasin, les gens font la queue et tout se vend très rapidement », explique-t-il, évoquant un « effet de rupture » qui profite aux commerçants. Cette « rentabilité immédiate » attire de nombreux entrepreneurs, expliquant la multiplication des distributeurs.
Un phénomène intergénérationnel
Pokémon rassemble enfants, parents et collectionneurs passionnés de 20 à 40 ans, à la recherche de cartes venues du Japon, de Corée ou de Chine. Sylvain Pacini a développé un modèle hybride combinant vente en ligne, ventes en live et distribution automatique. « Je réalise entre 10 000 et 12 000 euros de ventes en faisant des live sur Whatnot », indique-t-il, où sa communauté pokeuniverse83 compte près de 6 000 abonnés. Sur eBay, Cardmarket, Vinted, il déclare plus de 10 000 ventes par an. Son site pokeuniverse.fr propose aussi un service de grading et certification des cartes. « J’ai investi dans une machine professionnelle - une presse à ultrasons - permettant d’encapsuler et de noter les cartes, avec une capacité d’environ 50 cartes par jour ». Il envisage l’embauche de deux experts.
Gasha Bump : un autre acteur en pleine expansion
Jean-François Gerard, directeur des magasins Bumper, a fondé Gasha Bump, sa propre marque de distributeurs de cartes Pokémon. Depuis L’Avenue 83 à La Valette, le Carrefour Mayol à Toulon, ou Cap 3000 à Saint-Laurent-du-Var, il a déjà implanté 30 distributeurs en France. « Notre objectif est d’avoir 50 machines en juillet et une centaine à la fin de l’année », annonce-t-il. Au début, certains centres commerciaux refusaient, mais il a réussi à en placer. Avec l’appui logistique des magasins Bumper, quatre emplois ont été créés pour l’approvisionnement. « Avec mon associé Thomas Chevalier, un passionné de Pokémon, on arrive à rafler des produits assez rares sur le marché », explique Gerard. Ces distributeurs vitrés provoquent « un achat d’impulsion chez les enfants » et un « effet pochette-surprise » qui attire des consommateurs non spécialisés.



