Le ministre de l'Économie, Sébastien Lecornu, a révélé ce lundi que plus de 439 000 Français ont d'ores et déjà sollicité l'indemnité « grands rouleurs », une aide financière destinée aux automobilistes qui utilisent leur véhicule de manière intensive pour leurs déplacements professionnels. Cette mesure, annoncée dans le cadre du plan de soutien au pouvoir d'achat, vise à compenser la hausse des prix des carburants.
Un dispositif plébiscité
Selon les chiffres communiqués par le ministre, le nombre de demandes dépasse largement les prévisions initiales. « Nous avons été agréablement surpris par l'engouement des Français pour cette aide », a déclaré Sébastien Lecornu lors d'une conférence de presse. L'indemnité, qui peut atteindre jusqu'à 200 euros par an, est ouverte aux personnes dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 13 000 euros et qui parcourent au moins 12 000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle.
Conditions d'éligibilité
Pour bénéficier de cette aide, les demandeurs doivent justifier de leurs déplacements professionnels et de leur kilométrage. Le dispositif est accessible via un portail en ligne dédié, mis en place par le ministère de l'Économie. Les premiers versements devraient intervenir dès le mois de juillet, avec un traitement prioritaire pour les dossiers complets.
- Revenu fiscal de référence inférieur à 13 000 euros
- Kilométrage annuel d'au moins 12 000 km pour le travail
- Justificatifs à fournir : certificat d'assurance, relevé kilométrique, etc.
Le gouvernement espère ainsi soutenir les travailleurs les plus dépendants de la voiture, notamment dans les zones rurales et périurbaines où les transports en commun sont moins développés. Cette mesure s'ajoute à d'autres dispositifs comme la prime à la conversion et le chèque énergie.
Un succès qui interroge
Si le nombre de demandes est salué par l'exécutif, certains observateurs s'interrogent sur la capacité de l'administration à traiter un tel volume de dossiers dans les délais impartis. Des syndicats de fonctionnaires ont déjà alerté sur le risque de saturation des services. De son côté, le ministre a assuré que des moyens supplémentaires seraient déployés pour faire face à cet afflux.
En parallèle, des associations de consommateurs réclament une simplification des critères d'éligibilité, jugés trop restrictifs. « Beaucoup de travailleurs précaires ne remplissent pas les conditions, notamment ceux qui utilisent leur véhicule pour des missions ponctuelles », déplore une porte-parole de l'UFC-Que Choisir.
Prochaines étapes
Le gouvernement prévoit de faire un premier bilan de l'indemnité « grands rouleurs » à la rentrée de septembre. D'ici là, les demandes continuent d'affluer, et le ministre a invité les automobilistes éligibles à ne pas tarder à déposer leur dossier. « Chaque euro compte pour le pouvoir d'achat des Français », a-t-il conclu.



