Épargne : à 24 ans, Shanna met jusqu'à 600 euros par mois de côté
Épargne : Shanna, 24 ans, met jusqu'à 600 € par mois

La peur de manquer, c'est ce qui a motivé Shanna à épargner le plus tôt possible. Et le plus possible. La jeune femme de 24 ans a vécu dans une famille monoparentale, aux côtés de quatre frères et sœurs. « On a grandi sans argent de poche, on faisait attention à beaucoup de choses. Chaque petite dépense était calculée », se souvient-elle. « Quand on a manqué de moyens toute sa jeunesse, on a cette crainte d'avoir du mal à finir les mois. Alors, on a encore plus envie d'épargner. »

18 000 euros d'économies répartis sur plusieurs produits

Désormais, cette Bretonne cumule près de 18 000 euros d'économies, réparties sur différents produits financiers. « J'ai un livret d'épargne populaire (LEP) et un livret jeune. Et récemment, en décembre, j'ai aussi ouvert une assurance vie pour faire travailler une partie de mon argent en bourse », détaille Shanna. Sept mille euros ont été placés sur cette assurance vie. Une moitié est investie dans des actions et des obligations. « C'est quelque chose d'assez nouveau pour moi, car je n'avais jamais fait travailler d'argent », glisse-t-elle.

Pour alimenter ces livrets, Shanna met entre 300 et 600 euros mensuels de côté, sur environ 2 300 euros mensuels de revenus. Depuis six ans, elle exerce en tant que technicienne d'insémination bovine. « Quand j'ai commencé en CDI, mon salaire était plus bas, mais j'ai changé d'employeur, et ça m'a permis de négocier un peu mieux mon salaire, et de, petit à petit, gravir les échelons. »

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Objectif : acheter sa résidence principale

Sur son budget du mois, Shanna estime ses dépenses fixes (loyer, factures, alimentaire) à environ 1 300 euros mensuels. Une part calculée au prorata de son salaire, qui est un peu plus important que celui de son compagnon. « Peut-être que toute seule, je mettrais moins de côté », concède-t-elle.

Si Shanna épargne autant, c'est pour se constituer un apport afin de s'offrir sa résidence principale, avec son conjoint, « sans avoir à emprunter une trop grosse somme ». Idéalement, ce serait un bien à 250 000 euros, « une maison tranquille en campagne, isolée, mais dans un rayon de vingt à trente kilomètres d'une ville ». « En dessous, ce serait compliqué, car dans ma région, autour de Lorient, les prix ont flambé », ajoute-t-elle.

Investir dans l'immobilier locatif

À terme, Shanna évoque aussi l'idée d'investir dans l'immobilier pour louer un ou deux logements, et percevoir un complément de revenus. Elle a aussi songé, un temps, à investir dans les cryptomonnaies. Avant de faire machine arrière. « Honnêtement, c'est quelque chose de très complexe. Il faut vraiment y consacrer du temps pour le comprendre et réussir, et on peut vite commettre des bêtises », juge-t-elle.

Des livrets qui rapportent moins

Dans tous les cas, la jeune Lorientaise veut faire mieux pour optimiser son épargne, à l'heure où les livrets les plus prisés des Français rapportent moins. « Quand on prend l'exemple du LEP, je me souviens qu'il y a quelques années, il était à 5 ou 6 %. Aujourd'hui, il est descendu à 2,5 % et pourrait encore descendre. Je veux trouver une autre solution pour toucher plus d'intérêts », dit-elle.

« Entre gagner très peu, mais avec zéro risque, et tenter de gagner un peu plus avec une prise de risque, je fais le choix de prendre le risque et de m'intéresser à ça », défend Shanna, qui espère pouvoir épargner encore davantage dans les prochaines années avec de nouvelles augmentations de salaires. « Dans mon métier, on a la chance d'avoir des négociations salariales annuelles, basées sur l'inflation », glisse l'inséminatrice bovine.

Surveiller les dépenses en période d'inflation

Entre-temps, Shanna surveille ses dépenses. Surtout en temps d'inflation. « On n'en est pas au point de se priver, mais on est plus regardants. On regarde le prix au kilo, au litre. On cherche de plus en plus les bonnes affaires, comme tout le monde », décrit-elle.

Cette montée des prix affecte aussi les projets futurs du couple. « J'ai un salaire assez confortable, mais je pense que dans quelques années, si ça continue comme c'est parti, on réfléchira certainement différemment à nos dépenses. Par exemple, on part une fois par an en vacances, mais peut-être que le budget sera de plus en plus serré. »

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Avoir un enfant, un projet qui coûte cher

L'idée d'avoir des enfants, pour Shanna et son compagnon, semble par ailleurs lointaine. « Un enfant, c'est quand même un investissement », souffle-t-elle. « On ne pense pas que ça vaille le coup de faire des enfants dans des conditions où tout coûtera plus cher. On est plus du genre à vouloir s'en sortir par nous-mêmes, avant d'y penser. »

Un discours partagé par de nombreux jeunes de sa génération : en 2025, une étude de l'Institut national d'études démographiques indiquait une nette baisse des « intentions de fécondité » chez les adultes de moins de 30 ans. Une baisse liée, justement, à une « incertitude croissante concernant l'avenir ».