Nouvelle plainte dans l'affaire des laits infantiles contaminés au céréulide
Nouvelle plainte pour les laits infantiles contaminés

Nouvelle plainte collective dans le scandale des laits infantiles contaminés

Une nouvelle action judiciaire d'ampleur vient d'être annoncée dans l'affaire des laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide. Vingt-quatre familles, représentées par l'avocate spécialisée en droit de la santé Nathalie Goutaland, ont déclaré leur intention de déposer plainte ce mercredi auprès du pôle santé publique du parquet de Paris. Cette démarche vise directement les autorités de contrôle et les industriels du secteur.

Des accusations graves portées contre les fabricants

La plainte, dont les détails ont été communiqués à l'Agence France-Presse, repose sur plusieurs chefs d'accusation majeurs. Les familles reprochent aux acteurs concernés une mise en danger délibérée d'autrui, ainsi que des manquements flagrants à leurs obligations d'information envers les consommateurs. Plus spécifiquement, elles pointent du doigt l'absence d'avertissements clairs concernant les effets d'une intoxication au céréulide, une toxine pouvant provoquer de graves troubles digestifs comme des diarrhées et des vomissements.

Me Goutaland ajoute que la plainte inclut également des accusations de tromperie aggravée, de blessures involontaires, et surtout, de maintien en circulation de denrées alimentaires dangereuses. Un élément particulièrement sensible concerne l'entrave à la manifestation de la vérité, imputée à la fois à l'administration et au géant Nestlé, après que des parents se seraient vu demander de renvoyer les poudres de lait suspectes directement à l'industriel.

Un contexte de rappels massifs et d'enquêtes pénales

Cette action s'inscrit dans le cadre d'une vaste affaire de rappel de produits, touchant depuis la fin de l'année 2025 des centaines de lots de laits infantiles de plusieurs marques internationales, dont celles des groupes Danone et Nestlé. La contamination trouve son origine dans une huile riche en acide arachidonique, produite par le fournisseur chinois Cabio Biotech, dans laquelle la toxine céréulide a été détectée.

Cette plainte fait suite à une première action en justice déposée fin janvier à Paris par l'association de consommateurs Foodwatch et huit autres familles. Ces derniers accusent les fabricants d'avoir tardé, avec plus d'un mois de délai, à élargir les rappels de produits après la première détection de la toxine.

Parallèlement, des enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et Angers suite au décès de deux nourrissons ayant consommé des laits Nestlé faisant l'objet de rappels. À ce stade, les investigations n'ont cependant pas établi de lien causal direct entre ces tragédies et la contamination.

Des obligations scientifiques non respectées

L'avocate des familles soulève un point crucial de responsabilité. Elle reproche aux fabricants de ne pas avoir respecté leur obligation légale de s'adapter à l'évolution des connaissances scientifiques. En effet, des publications de chercheurs mettaient en garde, depuis plusieurs années déjà, contre les risques spécifiques posés par la présence de céréulide dans les préparations pour nourrissons.

Cette affaire survient alors que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a récemment mis à jour, début février, ses recommandations concernant le seuil tolérable de céréulide dans les laits infantiles. Cet épisode met en lumière les failles potentielles du système de contrôle et la lourde responsabilité des industriels dans la sécurité alimentaire des produits destinés aux plus vulnérables.