Un entrepreneur local multiplie les ouvertures en périphérie bordelaise
Téléphone à l'oreille, cafetière à la main. Il est à peine 9 heures, et Romain Cazalas, 33 ans, gère déjà un dégât des eaux dans l'un de ses restaurants. « Faire passer l'assurance n'est pas simple », s'excuse-t-il, habitué à jongler avec mille détails. Originaire de Villenave-d'Ornon, il vient d'inaugurer Basta Cucina, une trattoria italienne, dans sa ville natale. C'est son onzième établissement ouvert depuis 2015 et son deuxième à Villenave-d'Ornon, où il possède déjà la Guinguette du coq.
Une croissance impressionnante en dix ans
Le groupe Le Coq, fondé par Romain Cazalas, compte désormais sept restaurants dans la métropole bordelaise, notamment à La Teste-de-Buch, Mérignac, Le Bouscat, Bègles et Bordeaux. Avec un chiffre d'affaires de 2,5 millions d'euros prévu pour 2025, l'entrepreneur vise les 3 millions et 40 employés en 2026. Un succès bâti sur une décennie, grâce à une stratégie simple : miser sur l'émergence des quartiers périphériques autour de Bordeaux.
Une stratégie axée sur les zones résidentielles
Basta Cucina, situé place de Courréjean sur la route de Cadaujac, illustre parfaitement cette approche. À proximité, les immeubles de Geneste, construits il y a moins de dix ans, abritent 3 000 habitants. « La pizza napolitaine traditionnelle explose. On voulait la sortir des centres-villes pour une clientèle locale », explique Romain Cazalas. « La ville centre est moins accessible, s'y rendre devient plus cher. Nos clients veulent consommer près de chez eux, sans se soucier de reprendre le volant. »
Pour ce projet, il a investi 100 000 euros pour reprendre l'ancien Chai d'Ornon, une mise modérée. Il vise un ticket moyen entre 25 et 30 euros le soir, avec une philosophie : « Manger simplement, avec des produits de saison. Je n'ai jamais décroché de ce que j'ai appris à la Tupina. »
Des débuts modestes à une expansion rapide
Romain Cazalas a fait ses armes comme serveur à la Tupina, un restaurant renommé de Bordeaux, après un BEP au lycée hôtelier de Talence. « Très vite, j'ai eu envie de mon propre restaurant. » À 22 ans, il ouvre son premier établissement avec peu de moyens. « Les quartiers excentrés permettaient de s'installer pour des coûts faibles, en reprenant des affaires fermées. Il fallait les remonter, puis les vendre ou les conserver. Avec un peu de savoir-faire, on a pu multiplier par cinq ou dix certains chiffres d'affaires. »
Déjà, il travaille sur deux ouvertures futures, poursuivant ainsi son expansion dans la région bordelaise. Son parcours démontre comment une vision centrée sur les besoins locaux et une gestion prudente peuvent transformer une petite entreprise en un groupe florissant.



