Nice : la célèbre carterie Dézirdézarts ferme après 32 ans d'existence
Nice : la carterie Dézirdézarts ferme ses portes

Depuis plus de 30 ans, la carterie Dézirdézarts était une véritable institution de la vieille ville de Nice. Située place du Palais de justice, ce commerce emblématique ferme définitivement ses portes. Ouverte il y a 32 ans par Pascal et Viviane Maine, un couple originaire du Nord tombé amoureux de Nice, la boutique cessera son activité pour cause de départ à la retraite. Des milliers de souvenirs s'envolent avec elle.

Un coup de foudre pour Nice et pour la boutique

Tout a commencé par un coup de foudre. D'abord celui du couple, marié en 1975 près de la Manche, puis celui pour ce petit local tout en longueur, à deux pas de la Méditerranée. « On a visité. Cinq minutes après, c'était signé », se souvient Pascal. À l'époque, la boutique de papiers peints Foucray où ils travaillaient avait fait faillite, les laissant au chômage. Un soir de Noël, son frère, dessinateur de cartes postales, lui suggère d'ouvrir sa propre boutique. Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils choisissent cette échoppe de 20 mètres carrés, avec une petite mansarde pour le stock, qui deviendra mythique.

Des milliers d'histoires et de clients

La boutique a vu défiler des milliers de touristes et de Niçois. Des amoureux déclarant leur flamme timbrée, des découvreurs conquis par les clichés de la Baie des Anges, des fans de souvenirs à écrire ou à mettre sur le frigo, mais aussi des clients venus chercher des cartes de baptême, de mariage ou de condoléances. « Nos clients sont autant des touristes que des Niçois », explique Pascal. Il a eu des stars, des caprices, des demandes folles. Interrogé sur ces anecdotes, il hausse les épaules : « Elle se rappelle de tout, moi de rien. C'est elle qui choisit les cartes. » Les cartes sont vendues à partir de 30 centimes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une décision difficile

Pascal fait l'inventaire de sa carrière, sans cesse interrompu par des passants qui demandent leur chemin ou des habitués qui s'assurent de la nouvelle : « Oh non ! C'est pas possible ! » « Oui, c'est fini, confirme Pascal. J'ai 73 ans, mon épouse à peine plus, il est temps que nous prenions notre retraite. » Il le dit avec nostalgie : « Ça n'a pas été facile. J'ai fait deux ans de plus que nécessaire, je n'arrivais pas à m'en aller. » La carterie est vendue, l'acte officiel sera signé dans deux mois. Pascal s'attriste : « Je faisais un métier agréable avec des gens agréables. J'aime quand les gens sont contents et chez moi, ils étaient contents. »

Une famille dans le Vieux-Nice

Pascal a le cœur sur la main et le Vieux-Nice dans le cœur. « Le pharmacien, le marchand de paniers à côté, Mado la Niçoise au-dessus, on est une famille », dit-il. Il y a aussi le cafetier, le facteur, les clients fidèles qu'il a vus grandir et vieillir. Ils lui manqueront, mais il ne partira pas vraiment. « Avec ma femme, on va faire le tour de France, on achètera des cartes postales de chaque région, surtout des villages, et on les enverra à tous ceux qu'on aime. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale