François Ruffin promet de fermer CNews s'il devient président
Ruffin fermerait CNews s'il était président

Le député de la Somme et candidat potentiel à la présidentielle, François Ruffin, a déclaré dimanche qu'il fermerait la chaîne d'information en continu CNews s'il devenait président de la République. Dans un entretien accordé à nos confrères de Libération, l'élu insoumis a qualifié CNews de « machine à fabriquer de la haine » et a affirmé que cette mesure serait une décision de « santé publique ».

Une déclaration choc

François Ruffin, connu pour ses positions critiques envers les médias qu'il juge trop proches du pouvoir, a précisé que cette fermeture ne se ferait pas par un décret présidentiel mais via une modification de la loi. « Je ne ferai pas un coup de force, mais je changerai la loi pour que CNews ne puisse plus émettre », a-t-il expliqué. Selon lui, la chaîne, propriété du groupe Vivendi de Vincent Bolloré, diffuse des contenus « racistes, sexistes et complotistes » qui nuisent au débat public.

Réactions politiques

Cette annonce a suscité de vives réactions dans le monde politique. À droite, plusieurs responsables ont dénoncé une « atteinte à la liberté de la presse ». Le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, Olivier Marleix, a estimé que « fermer une chaîne parce qu'on n'aime pas son contenu, c'est du totalitarisme ». De son côté, la majorité présidentielle a rappelé que le pluralisme des médias est garanti par la Constitution. La ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, a déclaré : « On peut critiquer une chaîne, mais pas la fermer par décision politique. »

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En revanche, à gauche, les réactions sont plus nuancées. La députée LFI Mathilde Panot a salué une « proposition courageuse » tandis que le Parti socialiste a appelé à un débat sur la régulation des médias. L'ancien candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon n'a pas encore commenté cette annonce.

Un débat sur la régulation des médias

Cette proposition relance le débat sur la régulation des médias en France. Plusieurs associations de journalistes et de défense des droits ont exprimé leur inquiétude face à une possible instrumentalisation politique. Pour la Ligue des droits de l'homme, « la solution n'est pas la fermeture, mais un renforcement des règles de déontologie et de pluralisme ». De son côté, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a rappelé qu'il dispose de pouvoirs de sanction, mais pas de fermeture administrative.

François Ruffin, qui n'a pas encore officialisé sa candidature à la présidentielle, continue de sillonner la France pour présenter son projet. Il prévoit de publier un livre dans les prochaines semaines détaillant ses propositions, dont celle sur les médias.

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