Nice : fin des kits scolaires gratuits, Ciotti justifie
Nice : fin des kits scolaires gratuits, Ciotti justifie

La nouvelle municipalité de Nice, dirigée par le maire UDR Éric Ciotti, a décidé de ne pas reconduire la distribution gratuite de kits de fournitures scolaires qui avait concerné 22 000 élèves en septembre 2025. Cette opération, lancée par l'ancien maire Christian Estrosi, ne sera pas renouvelée pour la rentrée 2026, au nom d'un plan d'économies et d'une meilleure adéquation aux besoins pédagogiques.

Une mesure éphémère de 2025

En 2025, la Ville de Nice avait offert à chaque élève des écoles élémentaires, publiques et privées sous contrat, un kit de fournitures scolaires comprenant stylos, feutres, colle, etc. Au total, 18 000 élèves du public et 4 000 du privé avaient bénéficié de cette mesure, pour un coût estimé à 440 000 € TTC, soit environ 20 € par trousseau, logistique et livraison comprises. L'ancien maire Christian Estrosi avait justifié cette initiative par le coût élevé de la rentrée pour les familles, déclarant : « Quand je vois que la rentrée, ça coûte si cher aux familles, je me dis qu'on ne peut pas rester les bras croisés. » Des opposants avaient alors dénoncé un opportunisme électoral à quelques mois des municipales.

La nouvelle majorité critique le dispositif

Un an plus tard, la Ville, désormais dirigée par Éric Ciotti, dresse un bilan négatif de l'opération. Selon la municipalité, « il est apparu que les fournitures proposées ne répondaient pas pleinement aux attentes réelles des familles, notamment au regard de l'investissement consenti par la collectivité ». De plus, ce dispositif « faisant doublon avec de nombreuses aides existantes de plusieurs acteurs, dont la Ville de Nice, il ne sera pas reconduit pour la rentrée scolaire 2026 ». Cette décision s'inscrit « dans le plan d'économies engagé par la Ville et la Métropole ».

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Priorité aux crédits pédagogiques

Gaëlle Frontoni, adjointe au maire déléguée à l'Éducation et à la jeunesse, explique que l'objectif était de mieux cibler les besoins pédagogiques : « Nous avons donc fait le choix de ne pas reconduire cette opération à la rentrée 2026 afin de privilégier des dispositifs pérennes, adaptés aux besoins réels des écoles. C'est pourquoi nous poursuivons le financement des crédits pédagogiques, qui permettent aux enseignants d'acheter directement les fournitures et matériels dont leurs élèves ont réellement besoin. Nous faisons le choix d'un investissement utile et directement au service des apprentissages des élèves. » Elle ajoute que le kit « représentait un coût très important pour la collectivité alors même que la Ville de Nice consacre déjà plus d'1 million d'euros chaque année aux fournitures et au matériel pédagogique nécessaires aux apprentissages ».

Des chiffres précis pour 2026-2027

Pour l'année scolaire 2026-2027, la Ville de Nice consacre 1 134 955,39 € aux crédits pédagogiques pour les 150 écoles publiques. Ces crédits s'élèvent à 31 € par élève en maternelle et 38 € en élémentaire, auxquels s'ajoutent des dotations complémentaires en fonction des dispositifs présents dans les écoles (Rased, Ulis, UPE2A, psychologues scolaires…) ainsi que des forfaits de 800 € par ouverture de classe. En complément, les familles éligibles peuvent bénéficier de l'allocation de rentrée scolaire versée par la CAF.

La réaction du PCF Nice

La section du PCF Nice a fermement réagi à cette décision, mercredi 5 août 2026, par un communiqué plaidant pour que la gratuité devienne la règle. Le texte affirme que « chaque rentrée est devenue une épreuve pour le porte-monnaie de nombreux parents ». Gilles Verrier, secrétaire signataire, rappelle que la mesure de 2025 était « largement insuffisante » mais constituait un début de victoire. Les communistes niçois demandent « à la municipalité de garantir dès la rentrée la fourniture gratuite de l'ensemble du matériel scolaire nécessaire aux élèves des écoles de Nice, sans reste à charge pour les familles ». Ils se montrent également virulents : « quand certains trouvent toujours de l'argent pour les plus favorisés, les communistes demandent qu'on en trouve pour les cartables des enfants niçois ».

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Un choix assumé malgré les critiques

La décision de la nouvelle majorité, bien que critiquée, s'inscrit dans une logique de gestion budgétaire et de recentrage sur l'essentiel. La Ville de Nice maintient son soutien aux écoles via les crédits pédagogiques, tout en supprimant une mesure jugée coûteuse et redondante. Les familles devront donc, pour cette rentrée 2026, se tourner vers les dispositifs existants, comme l'allocation de rentrée scolaire, pour équiper leurs enfants.