Le géant américain du streaming a annoncé mardi une progression de 11,8 % de son chiffre d'affaires sur un an, contre plus de 16 % en début d'année. Cette croissance, bien que solide, marque un ralentissement par rapport aux trimestres précédents. Le groupe anticipe un ralentissement supplémentaire au quatrième trimestre, tandis que ses prévisions de bénéfices restent inférieures aux attentes des analystes. L'action reculait de près de 6 % après la clôture, portant sa baisse à environ 25 % depuis janvier.
La publicité progresse moins vite qu'espéré
La publicité, sur laquelle Netflix compte pour diversifier ses revenus, progresse moins vite qu'espéré. La plateforme prévoit désormais environ 2,7 milliards de dollars de recettes en 2026, contre 3 milliards initialement annoncés. « Nous sommes actuellement un peu en retard sur notre objectif ambitieux pour l'année », a reconnu le codirecteur général Greg Peters, tout en maintenant une prévision de croissance supérieure à 80 % pour cette activité. Pour Ross Benes, analyste chez Emarketer, cette révision est « préoccupante » alors que Netflix cherche à réduire sa dépendance aux abonnements.
Concurrence accrue de YouTube
Autre difficulté pour Netflix : le temps passé par les utilisateurs devant ses programmes. Selon Nielsen, YouTube capte désormais presque deux fois plus de temps d'écran sur les téléviseurs américains. « Nous savons qu'il existe une certaine inquiétude chez les investisseurs au sujet de la croissance des heures de visionnage », reconnaît Netflix. Le directeur financier Spencer Neumann assure vouloir inverser cette tendance : « Soyons clairs, nous voulons accélérer la croissance des heures visionnées […] Nous y travaillons. »
Réorganisation interne et changements de direction
Pour retrouver une dynamique de croissance, Netflix a engagé une réorganisation interne. Environ 1.000 postes sur 16.000 ont déjà été supprimés, pour un coût estimé à 160 millions de dollars au quatrième trimestre. La directrice des contenus Bela Bajaria a été remplacée par Peter Rice, ancien dirigeant de Disney et de 21st Century Fox. Ce changement arrive alors que les performances américaines déçoivent. « Il n'est pas nécessaire de changer fondamentalement de stratégie. En revanche, nous devons mieux la mettre en œuvre », a expliqué le codirecteur général Ted Sarandos.
Les productions professionnelles restent la priorité
Malgré la concurrence des vidéos courtes et des contenus amateurs, Netflix conserve sa priorité aux productions professionnelles, qui représentent 95 % de ses dépenses. Séries, films et événements sportifs restent au cœur de son modèle. La plateforme développe parallèlement les acquisitions de programmes extérieurs, notamment les films L'Age de glace de Disney. En France, les contenus de TF1, accessibles directement sur Netflix depuis cet été, contribuent aussi à augmenter le visionnage.
Netflix a néanmoins maintenu enfin son objectif d'une croissance à deux chiffres de son chiffre d'affaires en 2027, sans communiquer pour l'instant de prévisions détaillées. Pour soutenir son activité en fin d'année, le groupe mise sur Les Nouvelles Mésaventures de Cliff Booth, avec Brad Pitt, réalisé par David Fincher sur un scénario de Quentin Tarantino, la dernière saison d'Emily in Paris et trois rencontres de football américain de la NFL.